Les éléphants de retour dans les forêts de Bougouni et Yanfolila

 Les travaux menés par l’ONG Mali Folkcenter Nyetaa, dans le cadre du projet de développement autour des forêts de Bougouni et Yanfolila financé par la Norvège, produisent déjà des résultats satisfaisants.

Ainsi, les éléphants disparus de la région depuis trois ans ont-ils commencé à revenir du sud la Côte d’Ivoire pour y séjourner et paître. La population et les autorités locales sont très heureuses de cet important signe que le travail de protection et de sensibilisation a porté ses fruits. Ce retour peut aussi être un tremplin pour développer l’écotourisme saisonnier dans cette zone avec des retombées socioéconomiques précieuses pour les populations.

L’ONG Mali-Folkcenter, dans sa nouvelle politique de communication pour la meilleure participation possible des acteurs ruraux aux débats citoyens sur les questions environnementales et climatiques, a adopté une nouvelle approche qui délocalise le forum sur trois sites (Sikasso, Bougouni et Bamako).

Celle-ci est axée sur l’orpaillage au Mali, la gestion des ressources forestières face aux effets des changements climatiques et les énergies renouvelables. Le choix de la gestion durable des ressources forestières face aux effets des changements climatiques à Bougouni tient au fait que cette préfecture, comme celui de Yanfolila, recèle d’importantes ressources forestières avec les réserves de faune du complexe dit de « Bougouni et Yanfolila » qui compte 200 000 hectares de forêts.

Depuis des années, ce complexe, à l’instar d’autres ressources forestières du Mali, est gravement menacé. Les aires protégées sont soumises à diverses formes d’exploitation comme l’invasion par les troupeaux transhumants accompagnée de la mutilation d’essences protégées, le braconnage mercantile, l’exploitation frauduleuse du bois.

Si des mesures vigoureuses ne sont pas engagées pour arrêter cette dégradation, tous les efforts visant à réduire la pauvreté, à améliorer les conditions de vie des communautés, à développer les infrastructures, et à renforcer la productivité agricole, risquent d’avoir peu d’effets.

Face à la gravité de la situation et dans le souci de trouver une solution appropriée au phénomène, il est nécessaire d’impliquer tous les acteurs quel que soit leur niveau de responsabilité (État, collectivités, secteur privé) pour une gestion concertée des ressources forestières.

Et en la matière, il n’y pas mieux que les populations locales pour protéger la faune et la flore quand elles sont convaincues de tous les avantages socioéconomiques qu’elles peuvent tirer d’une protection et d’une gestion efficientes.

Moussa Bolly

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *