VENTE DE SACHETS D’EAU PAR LES JEUNES FILLES DANS LA CIRCULATION: UNE ACTIVITÉ À RECADRER.

Un autre phénomène qui prend de l’ampleur ces derniers temps dans les circulations de Bamako, c’est la vente des sachets d’eau par les jeunes filles venant d’autres localités. Et les risques qu’elles encourent sont très importants. La circulation perturbée, les vies en danger, à qui la faute ?

En tout cas, bien que ce travail soit informel, il mérite une attention particulière non seulement par les parents mais aussi par les autorités. C’est aussi le cas pour les personnes travaillant pour la préservation des droits humains.

Pour comprendre davantage l’enjeux, il serait important de se faire une idée sur les éventuelles motivations de ces filles qui prennent le chemin de la capitale pour ce travail : fuir la précarité. Elles viennent ainsi, affronter le danger de la ville, souvent sans tuteurs. Elles se mettent en danger pour de maigres sommes d’argent. La société observe, il est temps de situer les responsabilités.

Les vendeuses de sachets d’eau se définissent comme des personnes qui passent toute la journée en quête de leurs pitances journalières dans les circulations, dans les marchés et d’autres endroits où l’affluence est importante.  Elles sont très généralement issues des couches vulnérables dans les quartiers, des villages notamment, venues pour tenter leur chance dans les grandes villes en vue de subvenir leurs besoins, dit-on, vitaux.  Cependant, ces dernières qui sont en grande partie, adolescentes ne passent pas inaperçues dans les différentes circulations de Bamako.  Ce sont elles, qui, à première vue de l’œil sont munies d’une tasse remplie d’eau sur la tête à vendre aux passants moyennant des petits jetons.  Une puissante quantité de sueur se voit sur les habits quelles portent, sorte de témoin de leur énergie dépensée, les suivait où elles se trouvent et persistent longtemps. Aussi, si un passant qui, étant dans une voiture ou sur une motocyclette s’arrête en lisière du goudron, ces vendeuses ambulantes se ruent vers eux accompagnées des slogans de marchandage. Et c’est à travers de ces sous qu’elles sont rémunérées à la fin du mois, une rémunération qui laisse souvent à désirer.

Selon les constats, ces jeunes filles étant dans leurs localités d’origines parviennent à tromper la vigilance de leurs parents avant de s’adonner à ces aventures qui tournent chez quelques-unes d’entre elles, en vinaigre.  Souvent l’initiative serait prise entre amis, en groupe d’âges, et ce, pendant des mois et des années en toute discrétion possible, le temps de se préparer financièrement pour affronter leur destinée. C’est-à-dire, l’envie de découvrir un autre monde.

En outre, ce qui les motiverait de plus selon plusieurs observateurs serait dû à des conditions de vie familiale difficile, notamment financière, un sentiment d’abandon dans la famille, et l’envie de découvrir ailleurs, entre autres.  Par ailleurs, une fois à Bamako la plupart d’entre elles prennent la décision de vendre de sachets d’eau pour s’en sortir avec des conséquences. Et comme le besoin aveugle le recommande, on n’hésite pas à se mettre sur le passage des véhicules à vendre sans se mettre en tête que ceci pourrait provoquer d’éventuels accidents devant être mortels. Et les scènes se terminent souvent  par des accrochages.

Toute chose, qui interpelle d’un côté, ces jeunes filles elles-mêmes, qui doivent mener leurs activités loin des risques, pour si peu d’argent. De l’autre côté, les autorités administratives pour réguler la vente sur les axes routiers très fréquentés, ne pas être passifs vis-à-vis du phénomène.

Enfin, la passivité générale semble être perceptible par rapport au cas de ces jeunes filles vendeuses de sachets d’eau, qui peuvent bien être récupérées et formées dans d’autres activités génératrices de revenus plus rentables.

Yacouba COULIBALY

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