REFAMP/MALI ET COMAGESC CÉLÈBRENT LA PANAFRICAINE DES FEMMES PAR UNE CONFÉRENCE SUR L’ENGAGEMENT DES FEMMES FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le centre Aoua Kéïta a servi de cadre, le 29 juillet, à une conférence débat, en prélude á la commémoration de la journée panafricaine des femmes, édition 2025. L’évènement est organisé par le Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires du Mali (REFAMP) en partenariat avec la Coalition Malienne, Genre, Sécurité et Changement Climatique (COMAGESC). Mme Fatoumata Siré Diakité a présidé l’activité au nom du ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. La conférence, animée par Mme Keita Mariam Touré, portait sur l’engagement des femmes face aux défis de la justice climatique. C’était en présence de la présidente de la COMAGESC Mme Aïda M’Bo, la présidente de REFAMP Mme Sina Demba et plusieurs membres du Réseau et de la Coalition.

Pour la conférencière, Mme Kéïta Mariam Touré, « le changement climatique se traduit par une augmentation des températures, la variabilité des saisons, des sécheresses prolongées, des inondations et la dégradation des ressources naturelles. Au Mali, cela se manifeste par l’avancée du désert, la baisse des rendements agricoles et la rareté de l’eau ». Quant aux effets sur les femmes, celles qui jouent un rôle central dans la gestion des ressources naturelles ( eau , bois, terres agricoles), elle dira que ces dernières subissent les effets de manière disproportionnée, car elles continuent á avoir moins accès à la terre, aux ressources financières, à l’information et à la prise de décision.

Ainsi, elle a signalé que « face aux défis, les femmes ne sont pas que des victimes ; elles sont aussi des actrices de changement. Les rôles clés qu’elles peuvent jouer sont : gardiennes du savoir écologique traditionnel, dans l’agriculture, la conservation des semences, la gestion d’eau. Mme Keita Mariam a rappelé que les femmes effectuent 22,1% du travail domestique non rémunéré contre seulement 1,7% pour les hommes. Les défis et enjeux de la justice climatique pour les femmes du Mali, l’inégalité d’accès aux ressources et à la propriété foncière. La faible représentativité des femmes dans les sphères de décision. Leur vulnérabilité socio-économique, les risques accrus de violence et d’insécurité. Elles possèdent seulement 10% des terres agricoles malgré leur forte contribution à l’agriculture (60%, 80% de la main d’œuvre).

La conférencière a expliqué que la baisse des rendements agricoles d’ici 2030, les pertes dans la région pourraient atteindre jusqu’à 12% au Mali. L’insécurité alimentaire : plus de 38 millions de personnes touchées au Sahel, avec un fort impact sur les femmes chargées de la substance familiale. Accès à l’énergie 64% de la consommation énergétique du Mali, provient de biomasse, forçant les femmes à parcourir de longues distances pour le bois de cuisson, exposées à des risques de violence et la réduction de temps disponible pour d’autres activités. La sécheresse et l’insécurité alimentaire aggravent la malnutrition chez les femmes et les enfants. Elles parcourent de plus longues distances pour trouver de l’eau. Elles doivent compenser l’érosion des ressources par les efforts supplémentaires au foyer. Les déplacements pour l’eau ou les ressources augmentent les risques de violences physiques ou sexuelles, a cité Mme Keita Mariam Touré.

Mme Sina Demba la présidente de REFAMP Mali, dans son allocution a affirmé que depuis quelques décennies, l’articulation entre les questions de genre et égalité femmes – hommes d’une part  et les questions environnementales liées au changement climatique, d’autre part, a gagné en importance dans les discussions aux plans national en fustigeant le rôle des femmes dans le département durable .

Pour elle, la justice climatique, c’est de stimuler l’engagement des femmes leaders pour une justice climatique équitable. Il s’agit notamment, d’informer les parties prenantes sur les enjeux et les défis liés à la justice climatique ; mobiliser d’avantage les participants à prendre à bras le corps la question de la justice climatique dans les actions programmatiques, et proposer des pistes de plan d’actions d’un plaidoyer robuste en faveur d’une justice climatique équitable portée par les femmes, a cité Mme la présidente de REFAMP.

Aux dires de la présidente de la COMAGESC, Mme Aïda M’Bo, l’ancienne ministre de l’Environnement, « la Coalition Malienne Genre, Sécurité et Changement Climatique (COMAGESC) est une association à but non lucratif de droit malien, qui a pour mission de promouvoir le genre, la sécurité et la lutte contre les effets du changement climatique à travers la gestion durable des ressources naturelles, de la flore et de la faune. Créée le 17 août 2023, la Coalition entend répondre aux exigences politiques, économiques, sociales et environnementales permettant le développement durable du Mali. »

Ainsi, Mme la présidente a expliqué que la justice climatique n’est pas qu’un concept. C’est un impératif moral, un enjeu politique et un levier de développement durable. Et dans cette lutte, les femmes ne sont pas de simples spectatrices. Elles sont des actrices majeures, des pionnières, des bâtisseuses de résilience, a-t-elle noté. Elle a rappelé que selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, les femmes représentent plus de 60 % de la main-d’œuvre agricole en Afrique subsaharienne, tout en ayant un accès limité à la terre, aux financements, aux intrants, et aux mécanismes décisionnels.

Pourtant, elles sont les premières à subir les impacts du changement climatique, que ce soit à travers la rareté de l’eau, la dégradation des sols ou les déplacements forcés, mais elles sont aussi les premières à proposer des solutions, a décrié Mme Aida M’Bo. « Les activités menées sont financées par le Mouvement Africain pour la Justice Climatique (AJCM ) à travers le Fonds Mondial des Femmes. Ce mouvement met en exergue le fait que l’Afrique, bien que moins responsable des émissions de gaz à effet de serre, est particulièrement vulnérable aux conséquences du changement climatique, a souligné la présidente de la COMAGESC », Mme Kéïta Aïda M’Bo.

Mady TOUNKARA

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