Mme FATOUMATA OUMAR MAÏGA DE L’ASSOCIATION FEMMES ET INITIATIVE DE PAIX-AFIP

Native de Gao, Mme Fatoumata Oumar Maïga est l’une des maliennes les plus impliquées dans le règlement des conflits entre les communautés plus précisément, de Gao et Kidal. Elle est la présidente de l’association des femmes pour les initiatives de paix-AFIP et membre de plusieurs réseaux de défense des droits des humains.

Fatoumata Oumar Maïga est une native de Gao, née en 1962. Titulaire d’un brevet d’attaché d’administration et d’une licence en gestion des ressources humaines, elle a travaillé comme assistante du 2ème Gouverneur de Bamako. Elle est très connue dans les sphères de règlement des conflits, car témoin d’évènements en lien avec les violences dans  notre pays. Bien qu’ancrée dans sa tradition, elle reste toutefois ouverte aux idées contradictoires. Le leadership féminin, elle en a une conception assez particulière car estime-t-elle,  « être femme leader ne doit pas être un prétexte pour refuser d’être guidée. »

Après la flamme de la Paix le 11 avril 1999 à Kidal, date anniversaire du Pacte national, Fatoumata Maïga a fait ses preuves dans la gestion des conflits, quand il s’est agi de faciliter le dialogue entre les communautés dans les régions de Gao et de Kidal, avec l’Association des Femmes pour les Initiatives de Paix (AFIP). Elle a aussi œuvré pour le renforcement des capacités, la maitrise des textes relatifs à la problématique des armes légères et de petits calibres et le danger des explosifs. Fatoumata Oumar a formé beaucoup de femmes sur les textes relatifs à la participation des femmes à la prévention, la gestion des conflits et la construction de la Paix (R1325 et la 1820).

AFIP s’est spécialisée dans la formation des femmes médiatrices, facilitatrices et négociatrices aux niveaux communautaires, dans le domaine de la collecte des facteurs déclencheurs de crises, de la mobilisation des ressources pour doter les communautés qui manquent d’eau et de plateformes multi fonctionnelles. Ces femmes actives pour les initiatives de paix ont, à cet effet, joué un rôle primordial dans les plaidoyers, les appels, les actions media et les discussions avec certains groupes armés, il y a quelques années, dans le cadre de la sécurisation des populations vivant dans les zones de conflits.

Fatoumata Maïga et ses consœurs ont également mené des activités dans le domaine de la dissémination  de l’Accord pour la paix et la réconciliation inter Maliens issue du processus d’Alger. Pour elle, le premier défi auquel les femmes font face en Afrique, particulièrement au Mali, est celui de l’insécurité́, des pesanteurs sociales et celui de la non application des textes relatifs à la promotion et à la participation des femmes dans la construction de leurs pays. Le cas du Mali, renseigne-t-elle, est un cas de non-respect des textes, à savoir la Constitution qui, dans le cas de tous les pays africains, donne une place de choix à la femme, la loi 052 de décembre 2015, relative au quota des 30% sur le genre dans les instances de prise de décision qui peine à se réaliser concernant les postes nominatifs.

Abordant les principaux obstacles sur lesquels les femmes maliennes butent, la native de Gao décrie les enjeux politiques et financiers, ainsi que la faible présence des femmes dans les instances de mise en œuvre de l’accord, qui mobilisent beaucoup d’argent. Ainsi, pour que les femmes deviennent de vraies actrices et non d’éternelles victimes, Fatoumata Maïga propose que l’on mette l’accent sur la mobilisation, la poursuite du plaidoyer, tout en faisant prévaloir l’application de la loi par voie de justice en dernier recours.

Fatoumata Oumar Maïga se rappelle les missions auprès de certains chefs d’État de la sous-région, la rencontre avec le Président de la République et la restitution de l’accord pour la Paix et la réconciliation nationale issue du processus d’Alger. Une œuvre à l’initiative de la Plateforme AFIP et des femmes des régions. Toujours par rapport aux bonnes pratiques et initiatives des femmes maliennes ayant connu une réussite, elle se rappelle encore, les journées portes ouvertes du RESPFECO/MALI et la participation des femmes aux rencontres préparatoires de Ouagadougou-Bamako et Alger, dans le cadre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale inter-maliens issu du processus d’Alger.  Avec son association, elle appui les communautés dans des actions de développement, le renforcement des capacités, avec les partenaires comme ONU femmes, le Gouvernement du Mali, AFIP-RESFECO, Mercy Corp et les ONG locales.

Maïmouna TRAORÉ

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