Djolifon organise une conférence panafricaine pour repenser l’Afrique depuis les marges.
Quelles vérités sont menacées aujourd’hui ? Les vérités Africaines ont toujours été sujet d’attaques – Prof. Karikari Kwamé
Dans un contexte mondial marqué par des guerres, des bouleversements climatiques, des fractures sociales, l’épuisement des modèles néo-coloniaux et la montée des radicalismes, une question semble s’imposer : que nous demande réellement cette époque ?
C’est autour de cette interrogation que Djolifon, une initiative féministe africaine organise, du 5 au 9 octobre 2026, sa première conférence internationale en ligne intitulée « L'(im)pertinence des alternatives : Dialogues de perspectives africaines sur un monde en crises ». L’événement ambitionne de devenir un espace où artistes, penseur.e.s, activistes, chercheur.e.s, communautés et citoyen.ne.s venu.e.s d’horizons différents convergent pour (re)articuler et (re)imaginer ensemble d’autres futurs pour l’Afrique et d’autres manières d’habiter le monde.
La singularité de cette conférence réside dans son point de départ. Là où les débats internationaux se concentrent souvent sur les symptômes des crises, Djolifon choisit d’explorer les alternatives : ces pratiques, ces imaginaires, ces formes de résistance et de mobilisations qui existent déjà, parfois discrètement, mais qui ouvrent d’autres voies et voix.
À travers cinq journées de dialogues et de rencontres, la conférence abordera des questions majeures : les aspirations radicales de la génération Z dans les transformations de projets sociaux-politiques, les nouvelles formes d’activisme, l’hyper-impérialisme, les défis écologiques, les migrations, l’afrophobie et la xénophobie, les biens communs, le rôle des diasporas, le pouvoir des artistes, les économies féministes, la mémoire collective, les exigences d’une solidarité radicale, l’éthique ou encore la spiritualité dans un monde en mutation.
Derrière cette diversité de thèmes se dessine une même conviction : Les réponses aux crises ne pourront émerger des mêmes logiques qui les ont produites.
La conférence invite ainsi à déplacer le regard et (re)éveiller les imaginaires. Plutôt que de chercher des solutions toutes faites, elle propose d’explorer des chemins encore peu empruntés, souvent portés par les périphéries, les expériences communautaires, les savoirs artistiques, les traditions spirituelles, les initiatives citoyennes, en bref, des pratiques ancrées dans les réalités africaines. Ici, les alternatives ne sont pas présentées comme des utopies naïves ou superficielles, mais comme des laboratoires où s’inventent déjà d’autres façons de vivre, de gouverner, de percevoir, de cocréer et de faire société.
Dans une époque où les divisions politiques, identitaires, économiques, géographiques ou idéologiques semblent devenir la norme, Djolifon entreprend la voie et la voix des autrements. La conférence revendique une pluralité radicale, non comme un simple slogan, mais comme une méthode de militer : faire dialoguer des générations, des disciplines, des territoires et des expériences différentes afin de co-construire des autrements collectifs.
Ce parti-pris se reflète également dans le format de la conférence. Conçue pour une vaste audience, la conférence en ligne est gratuite et entièrement bilingue (Français et Anglais), afin de promouvoir l’accessibilité. Aux côtés des tables rondes formelles, l’événement proposera des « Grins », inspirés de ces espaces informels de discussion présents dans plusieurs sociétés ouest-africaines, ainsi que des dialogues intergénérationnels pensés pour favoriser une circulation horizontale des idées plutôt qu’une transmission verticale du savoir.
Au fond, L'(im)pertinence des alternatives ne cherche pas uniquement à analyser le présent. Elle invite à exercer un autre regard sur celui-ci. À considérer que l’imagination politique n’est pas un luxe réservé aux périodes de stabilité, mais une nécessité lorsque les modèles dominants montrent leurs failles.
Peut-être est-ce là, finalement, toute la portée de cette initiative : rappeler que face aux crises, l’urgence n’est pas uniquement de résister, mais aussi de réapprendre à imaginer.
Edizon Musavuli
Communication Djolifon







