Le Mali est à l’honneur dans le monde de la recherche scientifique. Kadidiatou Touré, jeune chercheuse malienne en géologie, figure parmi les 35 lauréates du Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science France 2026. Cette distinction récompense ses travaux consacrés à l’hydrogène naturel, une ressource énergétique présente dans le sous-sol terrestre et dont le potentiel suscite un intérêt scientifique croissant.
Née à Bamako, où elle a effectué sa scolarité, Kadidiatou Touré a vu sa curiosité scientifique naître de la découverte d’un phénomène particulier à proximité de sa ville natale. Alors qu’elle était encore lycéenne, des reportages consacrés au gisement d’hydrogène naturel de Bourakébougou, situé à une soixantaine de kilomètres de Bamako, ont éveillé son intérêt pour cette ressource encore peu connue.
À 17 ans, grâce à une bourse obtenue à la suite de ses résultats scolaires, elle poursuit des études en géologie à Agadir, au Maroc, avant de rejoindre Aix-Marseille Université pour son master. Depuis 2023, elle poursuit son parcours scientifique à Bordeaux, où elle prépare une thèse au sein du laboratoire Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux (EPOC), associé notamment au CNRS et à Bordeaux INP.
Ses recherches portent sur l’hydrogène naturel, également appelé hydrogène blanc ou géologique. Contrairement à l’hydrogène industriel, généralement produit à partir d’autres sources d’énergie, celui-ci se forme naturellement dans les profondeurs de la Terre. La doctorante cherche notamment à comprendre les mécanismes de sa formation, sa circulation dans les roches et son accumulation dans le sous-sol. L’objectif est de déterminer dans quelles conditions cette ressource pourrait être présente en quantités suffisantes pour une exploitation énergétique.
L’intérêt de cette piste réside dans son potentiel à contribuer à la diversification des sources d’énergie bas-carbone. Utilisé dans des équipements adaptés, l’hydrogène peut notamment produire de l’électricité, avec de l’eau comme principal sous-produit dans une pile à combustible. Toutefois, son potentiel économique et environnemental reste encore à évaluer à grande échelle.
Le Mali dispose déjà d’une expérience concrète dans ce domaine. À Bourakébougou, un projet pilote lancé en 2012 a permis de produire de l’électricité à partir de l’hydrogène naturellement présent dans le sous-sol. Une expérience qui a contribué à faire connaître le pays dans les recherches internationales sur cette ressource énergétique.
La distinction obtenue par Kadidiatou Touré s’inscrit dans la 20e édition du Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science France. Organisé avec la participation de l’Académie des sciences et de la Commission nationale française pour l’UNESCO, le programme a récompensé 35 jeunes chercheuses sélectionnées parmi plus de 800 candidatures. Les doctorantes distinguées bénéficient notamment d’une dotation de 15 000 euros.
Au-delà de la reconnaissance de ses travaux, Kadidiatou Touré entend également encourager les jeunes filles à s’intéresser aux disciplines scientifiques. Attachée à la transmission, elle retourne régulièrement dans son ancienne école à Bamako pour échanger avec les élèves et partager son expérience.
À travers son parcours, cette jeune scientifique malienne illustre les possibilités offertes par la recherche et rappelle que les talents issus du Mali peuvent contribuer aux avancées scientifiques internationales.
SORY DIAKITÉ







