CONFÉRENCE INTERNATIONALE DU GROUPE RÉGIONAL AFRICAIN DE L’UNION INTERNATIONALE DES MAGISTRATS

Bamako est depuis ce 20 février, la capitale de la Magistrature et de la lutte contre la corruption et ce, jusqu’au 24 février 2023. En effet, le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a servi de cadre à l’ouverture de la Conférence Annuelle du Groupe régional africain de l’Union internationale des Magistrats « IAJ-U.I.M » qui se tient pour la première fois au Mali. La cérémonie officielle de ce 21 février, est placée sous la présidence du Président de la Transition, chef de l’État et Président du Conseil supérieur de la Magistrature. L’ouverture s’est tenue en présence du Premier ministre, chef du gouvernement, du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux ainsi que des membres du gouvernement, du Président du Conseil national de Transition (CNT), des présidents des institutions, du Maire de la Commune III, des partenaires au développement, le Corps diplomatique et consulaire et des membres de l’Union internationale des magistrats, de l’Union africaine des magistrats, du syndicat autonome des magistrats et des syndicats du secteur de la justice.

Le thème de cette conférence internationale est « La promotion des droits de l’homme en période de crise ». La conférence débattra aussi de la question des « Droits de l’homme et les lois d’amnistie »,  « La problématique de la lutte contre la criminalité transnationale organisée en Afrique et la coopération judiciaire », « La lutte contre la cybercriminalité : les nouvelles techniques d’investigations et  le respect de la vie privée », ainsi que  « La lutte contre le terrorisme, enjeux et perspectives», « la protection des mineurs et des personnes vulnérables en période de conflit armé dans l’espace CEDEAO » et « La lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière : Entre discours politiques et engagements judiciaires. Quid de la place du citoyen ? ». Elle devra aussi approuver le procès-verbal de la réunion du Groupe de mai 2022, le rapport de la Présidente du Groupe Africain et les rapports des Associations membres du Groupe Africain.

Dans son discours, Mme le Maire de la Commune III du District de Bamako, Mme Djiré Aminata Diallo a souhaité la chaleureuse bienvenue aux délégués des pays frères au Centre international de conférence (CICB) qui reçoit tous les grands évènements du pays. « Nous ne pouvons remercier à suffisance nos hôtes. Le présent sommet se tient à un moment où les populations attendent beaucoup de la justice. Elles sont en quête de justice». Ensuite elle a remercié le syndicat autonome des magistrats et tous les partenaires.

Pour le Président du Syndicat autonome de la Magistrature (S.A.M), M. Bourama Kariba Konaté, il a remercié les autorités pour avoir permis la tenue de cette conférence internationale et souhaiter la bienvenue à l’ensemble des délégués en cette terre hospitalière du Mali. « Cette conférence se tient à un moment où les médias diffusent des informations négatives sur le Mali, nous vous disons merci » a-t-il dit à l’adresse des délégués. Il a salué le travail du Syndicat autonome de la Magistrature et des syndicats du secteur de la justice. Il n’a pas oublié de remercier les différents partenaires que sont entre autres, le Conseil national du patronat, la MINUSMA et Orange. Il a fait l’historique de la création du SAM et de l’implication de la magistrature dans l’État de droit et de la conscience élevée du syndicat en terme de déontologie. Pour lui, cette conférence est l’occasion de raffermir les liens entre les syndicats et les associations de défenses des droits humains.

La Présidente du Groupe régional africain de l’Union internationale des magistrats (UIM) et vice-présidente de l’Union africaine des magistrats, Mme Marcel Kouassi, en prenant la parole a remercié les autorités pour leur bonne volonté, quant à la tenue de cette conférence. Elle a fait l’historique de son organisation qui regroupe vingt (20) pays d’Afrique, à but non lucratif et apolitique. L’association, selon elle, fait la promotion du droit et la sauvegarde de la coopération entre les magistrats africains et ceux d’autres continents.

Pour Mme Marcel Kouassi, « Le statut du juge doit être garanti par une loi spécifique, lui assurant une indépendance réelle et effective à l’égard des autres pouvoirs de l’État. Le juge, en tant que dépositaire de l’autorité judiciaire, doit pouvoir exercer ses fonctions en toute indépendance par rapport à toutes forces sociales, économiques et politiques, par rapport aux autres juges et par rapport à l’administration de la justice ».Et pour gagner cette bataille, il faut être, a-t-elle dit « Unis et solidaires ». Elle a remercié le syndicat autonome des magistrats, le Burundi, le Burkina Faso qui sont participent comme observateur ainsi que le Libero américain et l’Équateur.

Quant au président de  l’Union internationale des magistrats (UIM), M. José Manuel Igreja Matos du Portugal, a fait un bref rappel de la création de l’Union Internationale des Magistrats, une association qui est aussi apolitique et à but non lucratif. Elle regroupe 94 associations nationales des 5 continents et  travaille à la  sauvegarde de l’indépendance du Pouvoir Judiciaire, condition essentielle de la fonction juridictionnelle et garantie des droits et des libertés de l’homme. « On initie ici, au Mali, les réunions régionales de l’année 2023 » a-t-il dit, avant d’ajouter que « Le contexte mondial actuel  est une menace pour l’indépendance de la justice « .

Son Excellence le Colonel Assimi Goïta, Président de la Transition, chef de l’État et Président du Conseil supérieur de la Magistrature a souhaité la bienvenue à tous les magistrats ayant effectué le déplacement en terre africaine du Mali et donné l’importance qu’à cette rencontre pour le pays. «La République du Mali est particulièrement heureuse d’accueillir cette cérémonie. Le thème retenu pour cette rencontre judiciaire présente un intérêt scientifique particulier dans la mesure où, elle offre l’occasion aux spécialistes des questions des droits de l’homme que sont les universitaires, les chercheurs, les professionnels du secteur de la Justice ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme de mener la réflexion sur les préoccupations liées à la thématique et de partager les pistes de solutions identifiées ».

Pour SE Assimi Goïta, cette conférence «offre à la fois à notre pays et au Sahel, l’opportunité de passer en revue les défis majeurs liés aux fléaux du terrorisme, à la criminalité transnationale organisée et leurs conséquences ». Il a exhorté les organisateurs à avoir des « initiatives allant dans le sens d’une mobilisation sous régionale, régionale et internationale afin de favoriser une réelle prise de conscience de l’impact négatif de ces phénomènes pour la paix, la stabilité sociale et le développement de nos États ».

Il n’a pas manqué de saluer la résilience du peuple Mali face aux défis multiples et les actions de la Transition pour le respect et la promotion des droits humains ainsi que la bonne gouvernance. Pour lui, le « rôle de la justice est fondamental en tant qu’institution, devant, d’une part, garantir les droits et libertés des citoyens et d’autre part, servir de socle pour l’émergence d’une gouvernance vertueuse et d’un nouveau type de citoyen, conscient de sa responsabilité et respectueux de ses devoirs pour la reconstruction nationale ».

Maïmouna TRAORÉ

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *