Les responsables de l’Association malienne des anciens fonctionnaires internationaux des Nations Unies (AMAFINU) étaient réunis le mercredi 5 août 2026, au siège de l’OMS à N’Tomikorobougou, pour échanger sur les défis sanitaires au Mali, en Afrique et le monde, ainsi que des innovations liées à l’intelligence artificielle.
La cérémonie était placée sous la présidence de Mme Keïta Aïda M’Bo, Présidente de l’AMAFINU, ancienne ministre de l’environnement. A ses côtés, le Représentant Résident de l’OMS au Mali, Dr Patrick Kaboré, les membres de l’AMAFINU, des chercheurs, des professionnels de la santé, ainsi que le Pr Bréhima Koumaré du Comité scientifique de l’AMAFINU et de plusieurs autres membres et partenaires.
La présidente de l’AAFINU Mme Keïta Aïda M’Bo a campé le décor en rappelant que la santé n’est pas seulement un droit fondamental, mais plutôt dit-elle, le socle sur lequel repose tout développement économique et social. Et d’ajouter : « En tant qu’anciens fonctionnaires internationaux, nous savons à quel point l’échange d’idées, l’innovation technologique et la collaboration inclusive sont essentiels pour bâtir des systèmes de santé résilients équitables et pérennes ».
C’est ainsi que, l’ancienne ministre va rappeler le contexte : « Notre continent fait face à de nombreux défis sanitaires. Notamment la persistance de certaines maladies transmissibles, la progression des maladies non transmissibles, les effets du changement climatique sur la santé des populations, les crises humanitaires récurrentes ainsi que les inégalités dans l’accès aux soins de qualité. A ces défis, s’ajoutent les contraintes liées à la croissance démographique, à l’urbanisation rapide et aux ressources limitées dont disposent souvent nos systèmes de santé. Face à cette réalité, il est indispensable d’encourager la réflexion collective, l’innovation et la coopération entre les différents acteurs », a indiqué l’ancienne ministre Keïta Aïda M’Bo. Avant de manifester sa gratitude non seulement aux partenaires pour leur accompagnement à l’organisation mais également, aux conférenciers, pour leur disponibilité aux côtés de l’AMAFINU dans ses actions.
La conférence se tenait sur deux thématiques à savoir : « Grands enjeux de la santé en Afrique : que peut faire le Mali pour y faire face ? ».et « Les innovations technologiques dans le domaine de la santé ». Il s’agissait de « Réfléchir ensemble pour une santé durable et innovante en Afrique ».
Les thématiques sur les « Grands enjeux de la santé en Afrique : Que peut faire le Mali pour y faire face », a été animée par le médecin-spécialiste de santé publique Dr Hamadasalia Touré ; celle portant sur « Les innovations technologiques dans le domaine de la santé » a été animée par l’Expert en innovations et technologies de santé Pr Mahmoud Cissé.
Dans sa présentation, Dr Hamadasalia Touré a accentué son exposé sur les maladies infanto juvéniles au niveau national, régional et international. En effet, malgré les défis liés à la prise en charge de ces pathologies, Dr Touré garde espoir au regard de la détermination des pays à opérer les changements durables nécessaires pour le bien-être des populations en général, des enfants et des femmes en particulier. « Dans presque toutes les régions du monde, 159 pays sur 200, ont réduit de moitié leur taux de mortalité des moins de 5 ans, d’au moins 2/3. » Toute chose qui indique selon lui, que même si le fardeau de la mortalité infantile est inégalement réparti dans le monde, l’amélioration de la sécurité de la survie de l’enfant est possible même dans des contextes aux ressources limitées.
Pour sa part, le Pr Mahmoud Cissé dont la thématique débattue portait sur : « Innovations technologiques et intelligence artificielle au service de la santé au Mali », il évoquera plusieurs aspects liés à l’intelligence artificielle, des avantages ainsi que des inconvénients. Il soulignera par exemple les contraintes structurelles notamment celles, liées à la rareté des personnels qui sont mal repartis ; les ruptures et logistique ; le financement contraint, l’insécurité et enclavement ; les données fragmentées, entre autres. Et d’ajouter que « toute solution technologique doit être conçue pour ces réalités, non malgré elle », avant de conclure que « le Mali ne doit pas adopter la technologie pour suivre une mode. Il doit sélectionner, gouverner et développer les technologies qui répondent réellement aux besoins de sa population ».
Rappelons que cette rencontre entre dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action 2026, de l’AMAFINU. Ladite organisation se donne pour mission de mettre en œuvre l’expertise, l’expérience et le réseau de ses membres au service du développement, du partage de connaissances et du renforcement des capacités au Mali voire le reste du continent.
Yacouba COULIBALY









