La communauté rwandaise du Mali et les autorités maliennes ont célébré ce dimanche 19 juillet 2026, à l’Hôtel de l’Amitié de Bamako, le 32ème anniversaire de la Libération de la République du Rwanda (Kwibohora). Entre devoirs de mémoire et diplomatie, l’événement a scellé une vision commune d’une Afrique maîtresse de son destin.
Le 4 juillet 1994, demeure gravé dans les mémoires comme le symbole de la fin du génocide contre les Tutsis, marquant le retour à la dignité pour le peuple rwandais et le coup d’envoi d’un vaste chantier de reconstruction nationale. Trente-deux ans plus tard, la communauté rwandaise résidant à Bamako s’est rassemblée pour célébrer « Kwibohora 32 ». L’événement a réuni de hauts responsables du gouvernement malien, des membres du corps diplomatique, ainsi que des représentants d’organisations internationales.
La fraternité locale en première ligne en Commune II
L’Agent chargé d’expédier les affaires courantes de la Commune II du District de Bamako, a chaleureusement accueilli la communauté rwandaise. Dans son allocution, l’autorité communale a rappelé que cette date historique incarne le courage et la résilience d’un peuple qui a su bâtir la paix sur les cendres du passé. Un vibrant hommage a ainsi été rendu à l’ambassade et à la diaspora pour cette initiative qui fortifie l’unité africaine.
La diplomatie malienne était fortement représentée lors de cette commémoration. Représentant le ministre Abdoulaye Diop, Mme Traoré Aissata Gaye, conseillère technique aux Affaires étrangères, a réaffirmé la solidité des liens entre les deux nations.
« La célébration de la Journée nationale de Libération est une reconnaissance de la résilience d’un peuple », a déclaré Mme Traoré Aissata Gaye, soulignant que la capacité du Rwanda à bâtir un État moderne fait directement écho à la dynamique souverainiste dans laquelle le Mali est engagé depuis cinq ans. Pour la diplomate, le parcours rwandais prouve qu’avec une volonté politique ferme, aucune fatalité n’est insurmontable.
Une coopération bilatérale au sommet
Cette commémoration a mis en exergue l’excellence des relations bilatérales entre Kigali et Bamako. Le Général d’Armée Assimi Goïta et le président Paul Kagame défendent ensemble le principe des «solutions africaines aux défis africains ». Ce partenariat stratégique a franchi un cap historique en 2024, lors de la Grande Commission mixte à Kigali, marquée par la signature de 19 instruments juridiques.
Cette dynamique se traduit aujourd’hui, par des projets concrets, allant de la formation au partage d’expertises technologiques, en passant par la modernisation des outils administratifs réciproques et le développement des échanges économiques inter-africains. Parallèlement, un hommage appuyé a été rendu à la communauté rwandaise établie au Mali, décrite comme parfaitement intégrée et participant activement au développement économique et social de son pays d’accueil.
De l’ombre à la renaissance d’une nation
Au-delà du devoir de mémoire, Kwibohora met en lumière le spectaculaire redressement du Rwanda. Depuis qu’il a recouvré sa liberté, le pays a ouvert un chapitre historique résolument axé sur la paix, la réconciliation nationale, la justice et le développement socio-économique. Le Rwanda contemporain se dresse désormais comme un État moderne et ambitieux. Porté par un idéal d’unité et d’ouverture, le pays applique notamment une politique d’exemption de visa pour tous les citoyens africains, facilitant l’intégration continentale en route vers Kigali.
L’émotion était palpable au sein de la diaspora lors des prises de parole. Le doyen d’âge de la communauté rwandaise a pris la parole pour livrer un témoignage poignant sur la date historique du 4 juillet 1994, qu’il qualifie de véritable renaissance pour le pays. Dans son allocution, il a lancé un appel vibrant à la jeunesse, l’exhortant à préserver coûte que coûte les acquis de la paix, à résister face à toutes les formes d’oppression et à faire de la tolérance une valeur cardinale.
S’inscrivant dans la même dynamique, la présidente de la communauté rwandaise au Mali, Mme Alida Faraya, a résumé cet état d’esprit : « Notre parcours nous enseigne que la dignité se conquiert par l’unité et le travail. Aujourd’hui, nous célébrons non seulement notre liberté, mais aussi les ponts de fraternité que nous bâtissons à travers le continent, particulièrement ici au Mali. »
La cérémonie s’est achevée sur des remerciements chaleureux envers le peuple malien, pour son hospitalité fraternelle, accompagnés de vœux de prospérité pour que l’esprit de Kwibohora continue d’éclairer le continent africain.
Aissetou CISSÉ







