8 mars 2019: Conférence débat sur le thème « Les femmes journalistes dans les médias au Mali : comment prendre la Une »

A l’occasion de la célébration de la journée internationale des droits de la femme, édition 2019, l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC) section du Mali en partenariat avec le Studio Tamani a organisé une conférence débat couplée à la remise de prix aux femmes journalistes leaders et pionnières. C’était à la maison de la Presse de Bamako. L’événement a enregistré la présence des femmes de tous les médias du pays. La cérémonie, présidée par le ministre de l’Economie numérique et de la Communication Harouna Touré. Mme Mariétou Konaté la présidente de l’APAC Mali à l’ouverture avait à ses côtés Monsieur Bandiougou Danté, président de l’Union des radios télévisions libres (URTEL), le deux conférencières et Monsieur Dramane Koné président de la Maison de la presse.

Dans son préliminaire, Mme Mariétou Konaté présidente de l’APAC a affirmé que « contrairement aux années précédentes, nous,  communicatrices, accompagnantes des femmes d’autres secteurs à travers nos cameras, nos micros, nos plumes et nos appareils photo, avons décidé cette année de fêter ce 8 mars à notre manière à travers une conférence débat sur le thème « Les femmes journalistes dans les médias : comment prendre la Une’ ». C’est grâce à une collaboration avec le Studio Tamani que notre association a pu organiser cet événement marquant la journée internationale des droits de la femme. L’objectif de cette conférence débat est de mobiliser les femmes, réfléchir sur leur condition professionnelle, et de donner plus de visibilité à notre association ».

Pour Monsieur Martin Faye, représentant le Studio Tamani « A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes 2019, nous voulons appeler les dirigeants du monde entier à se lever et à protéger les droits des femmes journalistes, qu’elles soient employées ou indépendantes. Les faits démontrés par les recherches récentes sont alarmants. Les femmes journalistes sont systématiquement moins bien rémunérées dans l’industrie des médias, au Royaume Uni par exemple, les femmes journalistes gagnent 17,4 % de moins que leurs collègues masculins. Prés d’un tiers des femmes journalistes envisagent de quitter la profession en raison des menaces, intimidations ou agressions qu’elles subissent, et ces chiffres sont encore plus élevés dans les contextes fragiles et les zones de conflit. Plus d’un tiers des femmes journalistes ont évité de couvrir certains sujets pour la raison. Près de la moitié des femmes journalistes sont victimes d’abus en ligne ».

Ensuite, il a ajouté que les médias doivent embaucher des équipes composées de femmes et d’hommes, et adopter des chartes et codes sur l’égalité des genres pour protéger les femmes journalistes, ceci afin de produire des reportages pertinents pour tous les groupes de société. Une représentation équilibrée dans la salle de rédaction est essentielle… »

Deux conférencières ont animé les débats, il s’agit de Ramata Diaouré et Coumba Bah. Selon Ramata Diaouré « Sur les 11 journaux que j’ai en main ici, il y’a un seul qui est géré par une femme, si vous voyez qu’un journal a, à sa Une, une femme, c’est que ce journal a été créé par cette femme. Si c’était crée par quelqu’un d’autre, c’est qu’il allait y avoir un homme en tête. C’est la triste réalité, si nous regardons les organes étatiques je n’ai jamais vue une Directrice de l’AMAP ou de l’ORTM donc, on attend, on va se battre. Pour elle, Il y’a deux possibilités pour moi, pour que les femmes prennent la Une dans les médias, « pour les femmes qui animent des médias, c’est de faire leur travail de façon professionnelle, je pense que nous sommes beaucoup à le faire, même si ça ne permet pas à toutes d’avancer sérieusement. Qu’elles s’impliquent plus dans le combat, pour promouvoir les femmes dans leur médias, de donner plus la voix aux femmes, à s’investir dans la promotion de leurs sœurs, et dans l’encadrement de leurs futurs consœurs ». Et enfin s’est interrogée « Pourquoi le 8 mars n’est pas chômé pour tout le monde, moi je veux l’équité. Nous devrons prendre ce jour comme un espace de réflexion, qu’on sorte du folklore un peu, qu’on s’occupe de poser nos problèmes ».

Quant à Coumba Bah, la seconde conférencière, elle pense que « Nous devrons savoir comment prendre la Une, mais aussi comment y rester. Pour moi il y’a deux façons de prendre la Une, il faut le professionnalisme et surtout la passion, c’est cette passion qui te permet de trébucher, de te donner la force, de l’endurance et de te relever. Il faut aussi avoir la compétence, il faut essayer de prendre un sujet d’intérêt général ». Et d’ajouter qu’au Mali, « on dit que les femmes sont majoritaires, si on tient compte des statistiques, tout le monde sait que ce n’est pas vrai. En se référant au RAVEC 2009, les femmes étaient à 50,42%, quand ce n’est pas 50,50% tu arrondis au chiffre inférieur, en 2016, le Centre National de Documentation de la Femme et de l’Enfant a fait une étude avec l’ONU Femmes qui montre qu’aujourd’hui, les hommes sont plus nombreux que les femmes. Actuellement, les femmes sont à 49,9%, donc on va dire qu’on est égal. Si on veut garder la Une, il faut qu’on parle des sujets qui intéressent cette majorité. Pour moi, aujourd’hui, un seul médium ne suffit pas, quand on parle à la radio, il faut aussi essayer la télé et le choix de la langue est important. Le taux d’illettré est de 30%, il ne faut pas avoir honte d’utiliser nos langues » a t-elle conclu.

Quelques récipiendaires ont dit :

Aissata Cissé journaliste de l’ORTM en retraite. 1959 par la Radio Soudan ensuite Radio Mali après l’indépendance, la Radio Télévision du Mali et l’Office de Radiotélévision du Mali (ORTM).

J’ai une impression de joie, de fierté et de reconnaissance à ceux qui nous ont décerné ces prix. Je souhaite que vous, qui êtes la jeune génération, puisse avoir la même distinction. Je souhaite bon vent à toute la jeunesse de la presse. Je demande à la jeunesse de travailler et de continuer à s’instruire, les jeunes doivent chercher la connaissance, ce qui nous met en retard par rapport à d’autres pays. Au lieu de faire la lecture et le bon débat, nos garçons sont intéressés par le grin et ne parlent que d’argent ; et quant aux filles, elles ne parlent que de baptême, de mariage, et de sumu, oui, ceux ci font partie de notre culture, mais ne doivent pas nous empêcher de nous instruire et faire le sérieux.

 

Mariam Doumbia COULIBALY, Journaliste et réalisatrice/ORTM et ancienne chargée de communication à l’Assemblée Nationale et chargée de mission au ministère de la Promotion des femmes

Il y’a plus de vingt ans que l’APAC a été créée. Au début quand on créait l’APAC, ce n’était pas facile la promotion de la femme n’était pas connue, le gouvernement n’avait pas reconnu le rôle de l’APAC ; mais grâce à nos efforts finalement nous avons été reconnue. Aujourd’hui, c’est la consécration des efforts que nous avons fourni. Maintenant, la promotion de la femme est au devant, elles sont débout sur tous les fronts. Aujourd’hui, nous voyons les femmes dans tout le secteur avec un nombre très élevé dans le gouvernement, elles ont abattu un travail formidable. Je pense que l’APAC a eu un très grand rôle à jouer. La plume, la camera va partout dans le monde. Il faut que les femmes journalistes arrivent à se former, à se perfectionner et à surpasser les hommes.

 

Macoro Camara, fondatrice du journal « KABAKO » et de la Radio Oxygène:

Je suis contente parce que je pense que ça c’est un jugement des faits. Je demande aux jeunes journalistes de ne pas mettre l’argent au devant, la presse c’est avant tout la personnalité, pour être connue, après ça l’argent pourra venir. Mais si tu le fais pour l’argent, çà sera très difficile que tu avances. J’ai une pensée pour nos sœurs rurales avec lesquelles cette journée de 08 mars nous est décernée. Nous les femmes citadines, nos chances sont meilleures que les leurs, nous devons les épauler car elles vivent dans des conditions très précaires.

Mady TOUNKARA

 

 

 

One thought on “8 mars 2019: Conférence débat sur le thème « Les femmes journalistes dans les médias au Mali : comment prendre la Une »

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