3ème édition de la semaine de la jeunesse contre la corruption: La FENACOF s’engage auprès des jeunes dans la lutte contre la corruption en milieu scolaire et universitaire

Présidium/conférence de la 3ème édition de la semaine de la jeunesse contre la corruption

Dans le cadre de la semaine de la jeunesse contre la corruption, ce jeudi 17 janvier 2019, le Palais de la culture Amadou Hampaté Bah a abrité une conférence débat dont le thème est « Les jeunes filles et les femmes face à la corruption en milieu scolaire et universitaire : défis et enjeux ». Ladite conférence était organisée par la Fédération nationale des collectives d’organisations féminines du Mali (FENACOF) en partenariat avec la communauté de Pratique en matière de lutte contre la corruption et la justice, prévention, réconciliation (JUPREC). Les conférenciers étaient Mme Dembélé Ouleymatou Sow, présidente de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali ( CAFO), à ses côtés le Dr Boubacar Badjaga, juge d’instruction au Tribunal de grandes instances de la C.II, chargé de cours à la Faculté de Droit public à Bamako, Mahamadou Diouara sociologue, Oumar Traoré de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite au Mali (OCLEI) et le Chef de mission de Justice, Prévention Réconciliation (JUPREC) Monsieur Jean Paul.

« La corruption est un phénomène en constante progression qui freine le développement de nos Etats et préoccupe la communauté internationale, les instances régionales et sous régionales et les citoyens. Ceci est d’autant plus inquiétant, compte tenu de la menace qu’elle présente pour la stabilité et la sécurité des sociétés, le fonctionnement des institutions, la préservation des valeurs démocratiques et ethnique ». A Déclaré Mme Dembélé Ouleymatou sow avant d’ajouter que la corruption est comme une menace tant pour l’effort de développement que pour la réduction de la pauvreté de plusieurs pays à travers le, monde. Et qu’au regard de ce constat alarmant, le devenir des populations ne saurait être résultant qu’à travers la prise en charge effective du fléau a t’elle conclu.

3ème édition de la semaine de la jeunesse contre la corruption

Le Mali, qui compte parmi les pays les plus pauvres du monde, souffre d’une corruption endémique. Il occupe ainsi la 127ème place du classement mondial de l’indice à la perception de la corruption publié par Transparency international. Les autorités au sommet de l’Etat du Mali sont engagées dans la lutte contre la corruption.

Pour Oumar Traoré de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) « Il n’existe aucun secteur qui soit épargné par cette gangrène qui s’invite, à la fois, dans les secteurs public et privé. Les autorités politiques et administratives en sont très conscientes et ont engagé une série d’activités afin d’inverser le niveau de corruption dans le pays ».

Il a expliqué que les états généraux sur la corruption ont été organisés en décembre 2008 à Bamako. Ces états fédéraux ont reconnu que la lutte contre la corruption s’inscrit dans la durée et qu’il est nécessaire de sanctionner, réprimer, mais aussi de rechercher et de mettre en œuvre de façon efficace, des mesures de préventions en matières de lutte contre la corruption. Selon lui, de nombreuses initiatives sont en cours dans le pays, telles que le bureau du vérificateur ; modèle unique dans la sous-région ; l’Office central de l’enrichissement illicite, ou encore les initiatives citoyennes comme notamment « publiez ce que vous payez » le groupe de suivi budgétaire, pour généraliser la surveillance des dépenses publiques. Ces initiatives suscitent beaucoup d’enthousiasme et d’inspiration nonobstant le pessimisme généralisé des citoyens massivement désarmés devant la pandémie de la corruption. Mais, ces initiatives illustrent les immenses possibilités qui s’offrent à la société civile et au parlement, pour influencer le processus de budgétisation et avoir une véritable incidence, à ces initiatives, s’ajoute l’appui des partenaires techniques et financiers.

Dr Boubacar Badjaga chargé des cours à l’Université nous rappelle que « le rôle des femmes et des jeunes est déterminant dans la lutte contre ce phénomène, car nul n’ignore le rôle traditionnel de cette dernière dans notre société. Elle est la mère, l’épouse, la fille et à ce titre, elle peut jouer un rôle prépondérant, une fois informée et sensibilisée sur les dangers du phénomène qu’est la corruption »

Il a insisté aussi sur « la corruption au niveau scolaire et universitaire qui mérite une attention particulière, la transaction s’effectue entre l’enseignant et l’élève et portant sur la vente des notes contre l’argent, des relations sexuelles ou d’autre objet de valeurs. Souvent des pots de vin sont proposés aux enseignants pour embellir les notes et passer en classe supérieure. Le syndicalisme estudiantin, qui est sensé jouer le rôle de rempart est aussi corrompu par les hommes et par l’administration scolaire ».

Toujours selon le Dr Boubacar Badjaga, les manifestations de la corruption en milieu scolaire et universitaire sont  les notes sexuellement transmissibles, la corruption des maitres par les parents, la corruption des élèves par les maitres. Il y a aussi I’ irrespect entre encadrement et jeunes, le statut faible des enseignants qui deviennent quémandeurs.

Quant à Mahamadou Diouara, sociologue, il pense que les Conséquences de la corruption en milieu scolaire et universitaire sont diverses Il y a la déperdition scolaire, le niveau lamentable des élèves pouvant déboucher surla médiocrité des cadres d’où le mal développement, le sentiment de violence entre les étudiants. L’effritement des valeurs cardinales (pudeur), la non compétitivité du potentiel malien (niveau étudiants, maître) etc.

La conférence a pris fin sur les questions/réponses des participants. Les recommandations et suggestions n’ont pas fait défaut.

Vivement la prochaine édition !

Ramatoulaye DIAKITE (Stagiaire)

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