VIRILITÉ MUSICALE : AMI YÈRÈWOLO REVIENT. ET CETTE FOIS, ELLE ARRIVE AVEC « MAAYA ».

Il y a des artistes qui disparaissent un moment et puis il y a ceux qui se taisent pour mieux revenir. Ami Yèrèwolo fait clairement partie de la deuxième catégorie. Native de Mahina, façonnée par Bamako, nourrie par les scènes européennes, Aminata Danioko, de son vrai nom, n’a jamais quitté le combat. Elle l’a déplacé, affiné et durci. Aujourd’hui, l’amazone du rap féminin malien, prépare son quatrième album, Maaya, attendu début 2026. Dix titres. Pas un de plus. Et l’intention est claire : marquer, parce que Maaya, ce n’est pas juste un album. C’est une prise de parole.

Quand Ami Yèrèwolo débarque dans le rap malien, le terrain est rude. Très peu de femmes et beaucoup de regards sceptiques. Elle avance quand même. Micro serré, voix grave et discours frontal. En 2014, elle pose les bases avec « Mon combat ». Le titre dit tout. Elle parle de femmes, de société, d’injustices. Elle rappe en bambara, en français, sans chercher à plaire. Elle cherche à dire. Plus tard viendront « An Ka Yira Allah La », puis « La Pionnière du rap féminin ».

À chaque projet, la même ligne : exister sans se travestir, imposer sa voix sans la lisser et le public suit. Au Mali, comme en Europe aussi. Ces dernières années, Ami Yèrèwolo est partout… sauf immobile. Tournées européennes, scènes engagées, rencontres, maturation. Elle observe. Elle écoute. Elle encaisse aussi. Et pendant que certains la croyaient en retrait, elle préparait autre chose. Plus large, plus structuré, plus dangereux, peut-être, Maaya. Un mot lourd, profond, Malien jusqu’à l’os. L’humanité, la dignité, la manière d’être au monde. Son quatrième album, prévu pour début 2026, promet un rap sans maquillage. Dix titres, annoncés comme redoutables. Pas pour faire du bruit inutile. Pour dire ce qui doit être dit. Sur les femmes et sur l’Afrique. Sur l’identité et sur la fatigue et la résistance. Ami Yèrèwolo ne cherche plus à convaincre. Elle affirme, elle tranche et elle transmet.

DENFARI Events : quand l’artiste devient bâtisseuse

Ami ne s’arrête pas à la musique. Ce serait trop simple. Avec DENFARI Events, elle transforme son combat en structure, son intuition en outil, sa vision en entreprise culturelle. Objectif : promouvoir la musique malienne, accompagner les talents, créer des espaces où les femmes ne sont plus des exceptions. DENFARI, aujourd’hui, circule, s’impose, inspire.

Le Mali a des Rappeuses : un cri devenu festival

Le festival « Le Mali a des Rappeuses », qu’elle porte depuis des années, est à sa 7ᵉ édition. La 8ᵉ se prépare déjà. Ce festival n’est pas un slogan. C’est un acte politique. Une scène offerte à celles qu’on n’invitait pas. Une réponse directe à ceux qui doutaient encore. Ici, les femmes rappent fort. sans permission.

Une virilité musicale qui ne s’excuse pas

Ami Yèrèwolo ne joue pas à être dure, elle l’est. Par cohérence. Par nécessité. Sa virilité musicale, c’est cette capacité à tenir tête, à durer, à rester debout quand le décor. Avec Maaya, elle ne revient pas pour faire plaisir. Elle revient pour rappeler qu’elle est là, qu’elle a encore des choses à dire, et que le rap féminin malien n’a jamais été une parenthèse.

Sory DIAKITÉ

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *