TÉMOIGNAGE : Mme MARIKO BINTOU SIDIBÉ, UNE SURVIVANTE DU CANCER DU SEIN

Selon les spécialistes, sous le terme de cancer du sein sont regroupés plus d’une douzaine de cancer différents. Certains sont provoqués par des cellules cancéreuses dont la multiplication est favorisée par les hormones sexuelles féminines, les estrogènes. Ce sont les cancers du sein dits hormonodépendants. Heureusement, aujourd’hui, la prise en charge des cancers du sein est efficace et environ 85 % des femmes atteintes en guérissent. Nous avons rencontré Mme Mariko Bintou Sidibé, une survivante du cancer de sein, il y a six ans de cela. Elle mène une vie normale après son cancer. Elle fait partie de  qui se sont données pour mission de sensibiliser les autres et les orienter en cas de besoin. Mme Mariko est la Vice-présidente de l’Association « Solidarité, soutien aux  malades de cancer-MC+ ».

NYELENI Magazine : En tant que survivante, votre avis sur la maladie ?

Mme Mariko Bintou Sidibé : Le cancer est une maladie comme tout autre maladie, faire le dépistage pour savoir votre état, est la meilleure des solutions. Pour les seins chaque femme doit s’auto-palper après chaque menstrue. Pour le cancer du col de l’utérus, il peut trainer avec les infections et des règles incessantes, les menstrues peuvent aller jusqu’à trois semaines, avec ses signes, selon le médecin, il est préférable de se faire consulter par les spécialistes.

  NYELENI Magazine Parler nous de votre vécu avec cette maladie ?

Mme Mariko Bintou Sidibé:: Cela fait six ans, que j’étais déclarée malade du cancer de sein, mais aujourd’hui, je ne prends aucun médicament, car je suis totalement guérie. J’ai suivi les instructions de mes médecins en évitant les facteurs qui peuvent être des causes de rechutes. On me demande souvent, si j’ai réellement eu le cancer. Je fais la chimiothérapie, la chirurgie, l’un de mes seins est enlevé, mais en me regardant on ne remarque rien. Je l’avoue, la chimiothérapie m’a épuisé, noirci, changé mon apparence, à causes des effets secondaires. Il y’a la radiothérapie aussi, c’est l’ensemble des processus qu’on doit faire pour avoir la santé. Si c’est le col de l’utérus, lorsqu’on passe par la chirurgie, on peut recouvrer sa santé, pour le sein si vous ne respectez pas les instructions, ça peut revenir avec le temps. D’autres disent que le cancer est une maladie de sorcellerie, d’envoûtement, alors que c’est une maladie, comme tout autre maladie.

NYELENI Magazine :  Est-il possible de se faire soigner au Mali ?

Mme Mariko Bintou Sidibé : Le traitement se fait au Mali, je fais toutes mes prises en charges sur place ici, contrairement à ce que pensent d’autres personnes, nous n’avons pas besoin d’aller à l’étranger pour la prise en charge. Nous avons toutes les compétences ici. Ceux qui partent en Europe, reviennent encore négocier nos oncologues pour reprendre leur prise en charge. Ayez confiance à nos médecins, c’est très important. Lors de mes déplacements à l’étranger, les médecins sont étonnés de voir mon état de santé, et me posent la question de savoir, si c’est au Mali que j’étais soignée ?. Je remercie de passage les médecins sans frontières, qui ont pris en charge tous mes traitements à 100% jusqu’à ma guérison, la chimiothérapie est très coûteuse, et c’est à refaire à chaque trois semaines.

NYELENI Magazine : Parlez-nous de votre association ?

Mme Mariko Bintou Sidibé : Beaucoup de femmes ont été abandonnées par leurs maris avec les enfants en charge. Nous avons assez de cas dans notre association. Certains se cachent avec le cancer, c’est pas une maladie avec laquelle on doit se marginaliser, se stigmatiser, il va vite te tuer avec certains comportements. Le mois d’octobre est une occasion, créé par l’État pour se faire dépister à zéro franc. Nous faisons des campagnes de sensibilisation à chaque mois d’octobre rose pour informer nos sœurs sur cette maladie.

NYELENI Magazine : Votre mot de la fin ?

Mme Mariko Bintou Sidibé : Je lance un appel à toutes les femmes d’aller se faire dépister une fois par an. Avec le dépistage, on peut vite guérir. Je demande aux autorités de créer des dispositifs médicaux pour la prise en charge du cancer, c’est une maladie très coûteuse.

Mady TOUNKARA

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