
Bamako, 1er octobre 2025 – À l’occasion de la rentrée scolaire 2025–2026, Alors que des milliers d’élèves reprennent le chemin de l’école, l’UNICEF réaffirme son engagement aux côtés du Gouvernement du Mali afin de garantir à chaque enfant un accès à une éducation équitable, inclusive et de qualité, dans un environnement sûr et protecteur.
« Enfants, vous avez le soutien des plus hautes autorités du pays pour la réussite de l’année scolaire», a déclaré le Dr Amadou Sy SAVANE aux élèves lors de la cérémonie officielle de lancement national.
La cérémonie a été présidée par le Ministre de l’Éducation Nationale, Dr Amadou Sy SAVANE, entouré de plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de la Refondation de l’État en charge des Relations institutionnelles, du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, de l’Énergie et de l’Eau, ainsi que de l’Élevage et de la Pêche. Étaient également présents le Gouverneur du District de Bamako, le Maire de la Commune III, les acteurs du système éducatif ainsi que les Partenaires techniques et financiers dont l’UNICEF et l’UNESCO.
Dans le cadre de ce lancement, une leçon modèle a été présentée à une classe de 9ᵉ année de l’école fondamentale publique de Darsalam. Elle portait sur la valorisation du patrimoine culturel comme vecteur de cohésion sociale et d’unité nationale.
Des progrès notables mais des défis persistants
Les investissements dans le secteur de l’éducation au Mali ont connu une croissance significative, passant de 233[1] milliards FCFA en 2010 à 558[2] milliards FCFA en 2025, soit une augmentation de 105 %. Cette évolution reflète une forte volonté politique de consolider le système éducatif national.
Cependant, des défis structurels demeurent : insuffisance d’infrastructures scolaires, répartition inégale des enseignants, ainsi que les effets du changement climatique — vagues de chaleur, inondations, vents violents — qui perturbent le calendrier scolaire et les conditions d’apprentissage. Les conflits et l’insécurité aggravent encore la situation, notamment dans les zones rurales et vulnérables, compromettant l’éducation de milliers d’enfants.

les élèves regroupent devant les salles de classe pour consulter les listes d’admission affichées.
À la veille de la rentrée scolaire, 108 écoles avaient été endommagées par les pluies et les inondations, mettant en évidence l’urgence d’une planification éducative sensible aux risques et au climat.
« Je suis très heureux de retrouver mes camarades et mes enseignants aujourd’hui, et je leur souhaite bonne chance à tous », a confié Hamidou, 16 ans, élève en sciences au Lycée Mahamane Alassane Haïdara de Tombouctou. « Je suis soulagé que, malgré toutes les rumeurs d’un éventuel report, l’école ait bien repris. C’est un vrai soulagement pour moi, car je prépare le BAC cette année. »
En juin 2025, plus de 2 000 écoles demeuraient non fonctionnelles en raison de l’insécurité, affectant plus de 600 000 élèves et 12 000 enseignants (Cluster Éducation, 2025). Les régions de Bandiagara, Ségou et Douentza sont particulièrement touchées. Par ailleurs, Les déplacements forcés dans le nord et le centre du pays ont conduit à plus de 400 000 personnes déplacées internes en décembre 2024, dont plus de la moitié étaient des enfants, ainsi qu’à près de 250 000 réfugiés (HCR, août 2025). Dans certaines localités, des écoles sont même occupées par des familles déplacées, empêchant leur réouverture.
L’éducation : une priorité vitale
« Réouvrir les écoles, c’est redonner espoir et un avenir aux enfants. Aucun enfant ne doit être laissé pour compte », a affirmé Pierre Ngom, Représentant de l’UNICEF au Mali.
Il a rappelé que lors de la Journée de l’Enfant Africain, la Présidente du Parlement national des enfants du Mali, Mlle Fatoumata dite Dicko Diamoussa Kané, avait plaidé pour une budgétisation sensible aux droits de l’enfant, soulignant l’importance de préserver le financement éducatif dans un contexte de baisse des ressources mondiales.
Face à cette situation, l’UNICEF mobilise des ressources autour de priorités définies conjointement avec le Gouvernement du Mali et appelle à :
- Rediriger au moins 50 % de l’aide vers les pays les moins avancés ;
- Maintenir le financement de l’éducation en situation de crise humanitaire, en la reconnaissant comme une priorité vitale ;
- Prioriser les apprentissages fondamentaux, notamment en petite enfance et au primaire ;
- Soutenir une planification sensible aux risques et renforcer la résilience du système éducatif ;
- Promouvoir des financements innovants, en complément — et non en substitution — des financements de base.
Une baisse inquiétante du financement mondial
Selon les dernières estimations, l’Aide Publique au Développement (APD) consacrée à l’éducation pourrait diminuer de 3,2 milliards de dollars US, soit une baisse de 24 % par rapport à 2023. Trois bailleurs seraient responsables de près de 80 % de cette réduction.
Une telle contraction pourrait faire passer le nombre d’enfants non scolarisés dans le monde de 272 millions à 278 millions — l’équivalent du nombre total d’élèves du primaire en Allemagne et en Italie réunis.
L’Afrique de l’Ouest et du Centre serait la région la plus affectée, avec 1,9 million d’enfants risquant de perdre l’accès à l’éducation. Le Mali et la Côte d’Ivoire figurent parmi les pays les plus vulnérables, avec des baisses potentielles de scolarisation estimées respectivement à 180 000 et 340 000 élèves.
L’enseignement primaire serait le plus durement touché, un tiers du financement étant menacé. Cela pourrait accentuer la crise de l’apprentissage et exposer les enfants à une perte de revenus estimée à 164 milliards USD au cours de leur vie.
Source: Communiqué UNICEF






