LES ÉTATS GÉNÉRAUX SUR LA SITUATION DE LA FEMME, DE L’ENFANT ET DE LA FAMILLE : L’OBJECTIF EST D’AMÉLIORER LA SITUATION DU TRYPTIQUE FEMME, ENFANT ET FAMILLE, DIXIT MAÏGA SINA DAMBA, PRÉSIDENTE DE LA COMMISSION NATIONALE D’ORGANISATION

Dans la droite ligne des Assises Nationales de la Refondation (ANR), tenues en décembre 2021, qui avaient fait des recommandations dont les États Généraux sur la situation de la femme, de l’enfant et de la famille en est une, nous avons rencontré la Présidente de la Commission Nationale, ancienne ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, membre du Conseil National de Transition, Mme Maïga Sina Damba, une fervente défenseure des droits de la femme. Elle a la lourde tâche de conduire la Commission nationale d’organisation des états généraux sur la situation de la femme, de l’enfant et de la famille à bon port.  A noter que lors de la journée de l’Enfant Africain, la Commission, à travers la Présidente, a procédé à la remise officielle des termes de référence à Mme Diarra Djeneba Sanogo, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.  

NYELENI Magazine : parlez-nous des états généraux de la femme de l’enfant et de la famille ?

Mme Maïga Sina Damba : D’entrée de jeu, je remercie le Magazine Nyeleni pour l’opportunité que vous nous donnez de nous exprimer à travers votre journal sur les états généraux sur la situation de la femme, de l’enfant et de la famille. Nous apprécions !

 Les États Généraux sur « La situation de la femme, de l’enfant et de la famille » ne sont pas venus par hasard. Ils sont le fruit d’une volonté politique très forte des plus hautes autorités de notre pays, à accorder à ces couches toute l’attention qu’elles méritent dans un Mali en pleine mutation. La femme et la famille ont toujours été au cœur de notre histoire depuis le temps des grands empires jusqu’à nos jours. La charte du Mandé de 1236 en est une parfaite illustration : l’éducation des enfants, l’association des femmes à tous les gouvernements entre autres, ont édictées déjà à cette époque ! Ces règles ancestrales dont nous sommes tous fiers ont forgé un peuple digne, attaché aux valeurs de tolérance de respect des droits, des libertés et des différentes cultures qui le composent. Dans la même veine, la constitution du 22 juillet 2023, dans son Préambule, garantit le respect des droits humains, au nombre desquels, ceux de la femme, de l’enfant et de la personne vivant avec un handicap. C’est au regard de tout ce qui précède et dans le souci de trouver une solution durable aux difficultés que rencontrent ces couches dans leur plein épanouissement et bien être que le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, avec le soutien total des Autorités, est entrain de donner un contenu à cet ambitieux projet de réflexion sur la situation du triptyque. Il s’agira, à la fin des états généraux d’identifier des pistes de solutions pour améliorer les conditions de ces couches ciblées, femmes, enfant et famille.

Une telle réflexion doit faire appel à toutes les couches de notre société afin que chacun, chacune, en groupes ou individuellement, donne son point de vue sur la situation d’aujourd’hui en comparaison avec hier en vue de bâtir une nouvelle société malienne qui reposerait sur nos valeurs d’antan tout en prenant en compte l’évolution de l’environnement socio politique, économique cultuel et culturel.

Une commission nationale d’organisation a été mise en place, que j’ai le grand honneur de présider, elle est composée des représentants de la Présidence de la République, de la Primature, des départements ministériels, des OSC (femmes, enfants, personnes vivant avec un handicap), des légitimités traditionnelles, du RECOTRADE, des Confessions religieuses, de la presse, de personnes ressources.

Nous avons tous ensemble pris connaissance du draft des TDR que nous avons enrichi avec des propositions d’amélioration soumises au Département et au Gouvernement qui les ont validées.

NYELENI Magazine : Quels sont les principaux axes de travail des commissions ?

Mme Maïga Sina Damba : Dès sa mise en place officielle, la commission, après avoir pris connaissance des TDR, a mis en place les sous commissions de travail au nombre de quatre : sous -commission technique, sous-commission organisation, sous-commission finances et la sous-commission communication.  L’essentiel du travail dans les termes de référence est bâti autour de la sous- commission technique reparti en cinq axes principaux à savoir :

Axe 1 : Gouvernance, Genre et Autonomisation;

Axe 2 :  Protection et Promotion des Enfants;

Axe 3 :  Protection de la Famille;

Axe 4 :  Violences Basées sur le Genre;

Axe 5 :  Questions Transversales.

Les membres de la Commission Nationale ont été repartis entre les différentes sous- commissions avec des mandats clairs et précis. A la fin de leurs séances de travail, les sous commissions ont produit des documents sur la revue documentaire en ce qui concerne leurs axes, proposé des notes introductives de présentation de la thématique, proposé des canevas ou outils de collecte de données à utiliser lors des concertations phases locales et nationales. L’ensemble de ces documents ont été présentés en plénière, discutés et validés.

La sous-commission communication a proposé un plan de communication pour la couverture médiatique des états généraux lors des différentes phases. Les sous-commissions organisation et finances ont également fait des propositions sur comment elles comptaient s’y prendre pour atteindre leurs résultats conformément à leurs mandats.

Pour finir avec cette question, il faut noter que les états généraux se dérouleront dans toutes les capitales régionales sauf cas de force majeure. La toute première concertation locale a été celle du District de Bamako qui sera suivie de celles de Sikasso, Koutiala et San. Nous sommes entrain de programmer les suivantes.

NYELENI Magazine : En quoi ces états généraux vont améliorer la condition de la femme de l’enfant et de la famille ?

Mme Maïga Sina Damba : Depuis la nuit des temps, jusqu’en 1236, en passant par les luttes pour l’indépendance, l’accompagnement du Mali indépendant dans les années 1960 et jusqu’à nos jours, les femmes ont toujours été présentes et ont apporté de précieuses contributions au développement de notre pays dans les champs, les centres de santé, les écoles, les sphères économiques, etc. Malgré cet apport important, reconnu, apprécié, la situation de la femme est restée précaire avec un impact important sur la gestion de la famille et de ses membres au nombre desquels les enfants. La création du ministère chargé de la femme, de l’enfant et de la famille en 1997 et malgré tous les efforts déployés, n’a pas pu apporter une amélioration significative de la situation de la femme. La crise multidimensionnelle de 2012 jusqu’à nos jours a aussi impacté négativement et remis en cause beaucoup d’acquis.

Voilà quelques raisons qui motivent aujourd’hui l’organisation des états généraux pour approfondir la réflexion en vue de proposer des pistes de solution pour l’amélioration de la situation de de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, car pour trouver une solution à un problème il faut en connaitre les causes profondes. Les états généraux, en organisant les débats avec tous les acteurs concernés, de la base au sommet, nous permettront de mettre le doigt sur les vraies préoccupations des couches ciblées, de proposer des recommandations qui feront l’objet d’un plan d’action, tableau de bord pour le département de la Femme, de l’enfant et de la Famille dans le cadre de la Stratégie Nationale sur l’Emergence et le Développement Durable (SNEDD) et la Vison Mali Kura N£taasira ka ben san 2063.

NYELENI Magazine : Avez-vous un cri de cœur pour mener à bon port cette lourde tâche ?

Mme Maïga Sina Damba : Le message que je lance à l’ensemble des acteurs concernés et à la population malienne en général, c’est de s’impliquer à tous les niveaux afin de permettre au Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, de disposer d’éléments tangibles lui permettant dans un futur proche de prendre en main les questions liées à la protection, à la promotion de la Femme, de l’Enfant et des Familles maliennes. Le bonheur d’une famille dépend de l’épanouissement et du bien- être de ceux et celles qui la composent. Il s’agira pour nous tous d’apporter nos contributions aux débats, de faire des propositions qui sont toutes les bienvenues soit auprès de la Commission Nationale soit lors des concertations locales ou nationales.

Il s’agit aussi de discuter du sort de la femme malienne, pilier incontournable dans le développement du pays, du sort de l’enfant malien, en qui nous devons placer tous nos espoirs car il sera l’adulte et le bâtisseur de demain, pour ce faire, il a besoin d’être encadré, orienté, conseillé et suivi. Enfin, il s’agit de la famille malienne, socle de notre société qui donne un nom, une identité à chacun de ses membres. Chez nous au Mali, l’être humain nait, grandit et ses derniers instants se passent dans une famille, la famille est sacrée et son rôle est déterminant dans l’éducation et la formation de l’adulte de demain.

Chacun, chacune, a un point de vue, aucun acteur ne doit être oublié ou écarté, la Commission Nationale d’organisation a besoin des avis, contributions, et du soutien de toutes et tous.

NYELENI Magazine : Vos mots de la fin ?

Mme Maïga Sina Damba : Mes mots de la fin, ce sont des remerciements à l’endroit des plus Hautes Autorités du Mali, son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Général de Brigade Abdoulaye Maïga, Premier ministre, Chef du Gouvernement ainsi que Mme Diarra Djeneba Sanogo, ministre de la Promotion de la Femme, de l’enfant et de la Famille pour avoir accepté que les états généraux sur notre situation, femmes, enfants et familles, soient organisés au Mali. Je demeure convaincue que ces derniers nous permettront d’identifier les goulots d’étranglement qui entravent le développement, l’épanouissement et le bien- être de ces trois groupes cibles qui constituent en vérité cent pour cent des populations maliennes.

Je tiens déjà à ce stade à remercier tous les membres de la CNO pour leur grande disponibilité, toutes les structures du ministère de la promotion de la femme, la presse pour leur coopération et leur disponibilité à nous accompagner tout au long du processus des états généraux tant au niveau local que national, les nombreuses personnes ressources anonymes qui nous ont accordée de leur temps et apporté de pertinentes contributions.

Propos recueillis par Mady TOUNKARA

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