
Cela fait trois (3) ans, que l’Association Droit-Travail-Dignité (ADTD)-Baragnogonya Dambé, se fait remarquer par son combat dans le cadre de la promotion et la protection des conditions de travail entre les employeurs et les aides ménagères. Sa présidente, Mme Koumba NIARÉ, fait un petit récapitulatif des activités menées par son association et formule quelques doléances auprès des décideurs politiques pour un meilleur cadre de vie sociale et économique des aides ménagères au Mali. Lisez.
NYELENI Magazine : Brièvement qui est Koumba NIARÉ ?
Koumba NARÉ : Je suis détentrice d’une Maîtrise de l’Institut des Langues étrangères de Pyatigorsk-Russie, et travaille au Secrétariat exécutif du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur HCME). Je suis membre de l’Association Femme-Action du Mali (ASFAM) ; de l’Association des Sœurs Unies, des Logements sociaux de N’Tabacoro (ASULOST). Aussi, j’ai été décorée par les autorités maliennes (médaillée du Mérite national), pour service rendu à la nation.
NYELENI Magazine : Parlez-nous des circonstances de la création votre association ?
Mme Koumba NIARÉ : Ces circonstances remontent à février 2023, où j’ai jugé nécessaire avec mes camarades de lutte, de mettre en place l’Association Droit-Travail-Dignité (ADTD)-Baragnogonya Dambé, pour bien défendre la cause des employeurs.
Concrètement, l’initiative intervient à la suite des incompréhensions relatives aux modes de placement des aides ménagères par les agences de placements ou des particuliers (les Diatiguis ou hôtes) ; les escroqueries autour de leur commission ( qui était entre cinq mille (5000) et dix mille (10 000) francs CFA, pour ensuite les replacer chez d’autres après quelques jours de travail); Les comportements indécents des aides ménagères à l’égard des patronnes ( dont certaines d’entre elles, sont victimes de vols, d’assassinats, d’emprisonnements, d’agressions, de maltraitance etc.) et des sorties intempestives des employeurs et des aide ménagères sur les réseaux sociaux ; l’incompréhension autour des salaires de ces femmes incomparables à ceux de la sous-région.

NYELENI Magazine : Quels sont les objectifs de l’Association Droit-Travail-Dignité (ADTD)-Baragnogonya Dambé ?
Koumba NIARÉ : Nos objectifs sont entre autres : Sauvegarder les droits, la dignité humaine ; Promouvoir les relations de bonne collaboration et de cohabitation entre les employeurs et les employés. L’ADTD a, à son actif, un bureau exécutif composé d’une vingtaine de personnes et la porte est grandement ouverte à tout le monde.
NYELENI Magazine : Depuis l’installation du bureau exécutif, quelles sont les actions menées dans le cadre de la sensibilisation ?
Koumba NIARÉ: on a eu à mener des activités de sensibilisation à travers notamment des débats sur les ondes de médias locaux, des interviews et des sketchs.
NYELENI Magazine : Pour mieux préserver les droits humains des aide ménagères, que proposez-vous à l’endroit des autorités, voire des acteurs concernés ?
KoumbaNIARÉ : Oui, j’ai un certain nombre de doléances. Je plaide pour que le gouvernement malien puisse réglementer le secteur des agences de placement ; de définir les clauses du travail ; de fixer les salaires en fonction des prestations et en tenant compte de nos valeurs sociétales car, comme dit l’adage : « comparaison n’est pas raison ».
Je donne un exemple, le salaire d’une aide-ménagère dans un pays de la sous-région est évalué à cinquante ou soixante mille francs CFA par mois, mais le logement, la nourriture, les soins, sont à la charge de l’employée, alors qu’au Mali, une aide-ménagère est considérée comme un membre à part entière de la famille. Donc, son salaire est considéré comme une économie, toutes les autres charges sont déjà prises par la famille.
Aussi, je plaide pour une bonne éducation à la base d’abord (depuis le village) ; la formation des aides ménagères avant tout éventuel placement (agences) ; la création d’un meilleur cadre de vie par l’employeur ; et de lutter efficacement contre l’escroquerie de certaines agences de placement ou des « Diatiguis ».
NYELENI Magazine : Vous avez un dernier mot ?
Koumba NIARÉ : Un mot de remerciement pour la rédaction de NYELENI qui m’a donnée cette occasion pour parler de mon association. Merci.
Propos recueillis par Yacouba COULIBALY






