« Maîtresse d’un homme marié » nous a montré à quel point un film pouvait être proche de la réalité sans être un documentaire. Halima Gadji qui a joué le rôle de l’amante, nous a montré très simplement comment l’on pouvait être jeune et authentique dans la promotion de la culture sénégalaise. Ce 26 janvier 2026, nous avons appris son décès à Paris à travers les réseaux sociaux. Elle avait juste 36 ans.

Halima Gadji est née le 25 août 1989 à Dakar, au Sénégal. Son père est sénégalais et sa mère, une Maroco-algérienne. Elle s’est fait connaître à travers la série « Maîtresse d’un homme marié », produite par la société sénégalaise de production « Marodi TV » entre 2019 et 2021. Une série qui a marqué les spectateurs africains du petit écran, tellement son interprétation était des plus magistrales. elle y jouait le rôle de Mareme Dial, l’amante de l’homme marié.
En 2021, elle participe au documentaire « Don’t Call me Fire », du réalisateur algérien Oualid Khelifi. C’est ici, qu’elle va aborder la question de la santé mentale, de la dépression, mais aussi de l’identité, de la race et du fait de grandir entre deux cultures. C’est sur « Life TV », une chaine privée ivoirienne, qu’elle parle sérieusement de sa maladie mentale : « Je souffre de maladie mentale depuis l’âge de 11 ans, une dépression. Je suis dépressive. Et ma dépression me mène toujours à des tentatives de suicide. Et ce que je veux dire aux gens, c’est qu’une personne suicidaire ne cherche pas forcément à mourir, mais plutôt à stopper la douleur. Parce que, c’est une douleur qu’on n’arrive pas souvent à expliquer. Et cette douleur nous fait tellement mal qu’elle nous empêche de dormir, de nous concentrer, d’être heureuse ». Sur canal, elle avait dit ceci : « Je suis pas née malade, c’est la société qui m’a foutu cette maladie, et c’est la même société qui me juge aujourd’hui.»
Ce qu’elle vivait, elle savait que d’autres en souffraient en silence. Halima Gadji avait décidé de lutter contre la dépression et fondé une association appelée « Mon Mental ». En fin 2021, elle avait affirmé vouloir mettre fin à sa vie, elle avait besoin d’aide. Comme elle le disait elle-même « En Afrique et surtout du côté de l’Afrique de l’Ouest, la santé mentale est abordée comme un sujet tabou, une maladie légère. Et les gens qui souffrent de santé mentale sont toujours stigmatisés. On n’arrive pas à donner un nom à ton mal. Moi je souffre de santé mentale depuis mon enfance. Les gens n’ont pas honte à dire, qu’ils sont asthmatiques ou qu’ils ont le diabète, mais ils ont peur de dire qu’ils ont des problèmes de santé mentale, parce que justement, la société prend ces gens comme des fous.»
En Halima, nous avons découvert une grande actrice, mannequin et guerrière. Derrière la jolie actrice très humaine se cachait une malade qui avait besoin de notre aide. Djiby Kéïta depuis les États-Unis nous dit que « c’était une dame très joviale, sociable et humaine ».

Sachez que de nos jours, la dépression est une maladie comme le cancer, le diabète, l’insuffisance rénale etc. Nous devons faire attention à ceux qui en souffrent dans notre entourage et leur apporter notre soutien et c’était aussi l’avis de Halima Gadji.
Toutes nos condoléances à la famille biologique, au peuple sénégalais, et aux fans à travers le monde!
Dors en paix Halima
La Rédaction






