CISSÉ FATIMATA KOUYATÉ : UNE ÉTERNELLE REFÉRENCE POUR LES FUTURES GÉNÉRATIONS !

Par jalousie, par méchanceté gratuite ou par hypocrisie, des portes lui ont été systématiquement et hermétiquement fermées. Mais cela n’a pas empêché Cissé Fatimata Kouyaté de réaliser le formidable parcours loué par tous les témoignages lors de ses obsèques le mercredi 17 décembre 2025 chez elle, à l’ACI 2000. Et cela parce que la battante qui nous a été arrachée deux jours avant (lundi 15 décembre 2025) n’a jamais baissé les bras face à l’adversité, qui était une source supplémentaire de motivation pour se surpasser afin d’atteindre ses objectifs, de réaliser ses ambitions.

Reconduite le 28 décembre 2024, à la présidence de l’Association malienne des agences de voyages et de tourisme (AMAVT) pour trois ans, Fatimata Kouyaté Cissé ne pourra malheureusement pas finir ce mandat car le destin en a décidé autrement, en nous l’arrachant le 15 décembre 2025, presque un an après sa réélection. Mais elle laisse un fabuleux héritage bâti tout au long d’un parcours hors pair. Et la regrettée Mama Kouyaté est une pionnière, voire une icône, dans bien des domaines.

Initiées par l’Agence Espace Communication Monde (ECM), les « Journées textile et création » peuvent être considérées comme « l’ancêtre » de « Malifiniw » dont la 6ᵉ édition vient de se tenir (du 4 au 9 novembre 2025) au Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ de Bamako. Ces journées ont été initiées par Mme Cissé Fatim Kouyaté. Elles traduisaient sa détermination à valoriser la filière coton ainsi que les produits artisanaux. Mais on lui a tellement mis les bâtons dans les roues qu’elle a fini par arrêter, faute de soutien institutionnel. Et pourtant, au lancement de la seconde édition desdites Journées textile création (du 14 au 29 mars 2015), le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme de l’époque (Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo) n’avait pas manqué de lui rendre un vibrant hommage.

Elle l’avait décrite alors comme une opératrice économique, une femme leader engagée qui doit être « une référence » pour sa génération à cause de ses multiples combats pour l’émancipation et l’autonomisation de la Femme, surtout les actrices du Tourisme et de l’Artisanat. Réputée comme une « Nyeleni » (femme engagée, une battante), titulaire d’une Maîtrise en « Économie du tourisme et catering » à l’Académie des sciences économiques de Bucarest (Roumanie), Fatim ou Mama Kouyaté (pour les intimes) est la fondatrice de l’agence de voyage et de tourisme « Timbuctours », en souvenir de la « Mystérieuse » Cité des « 333 Saints ». Passionnée des médias, elle était aussi la directrice de publication du magazine « Abedi ».

L’expérience acquise lors de son passage à la Société malienne d’exploitation des ressources touristiques (SMERT), où elle fut chef d’agence, l’a beaucoup aidée dans la création et le rayonnement de son agence, qui est aujourd’hui l’une des plus prestigieuses du pays, voire du continent. Animée de la conviction qu’une agence de voyage et de tourisme digne de ce nom ne peut être toujours soutenue que par une bonne agence de communication, elle a créé en 2005 l’Espace de Communication Monde (ECM) spécialisée dans l’événementiel, les supports promotionnels et d’information pour mieux soutenir « Timbuctours ».

Depuis des décennies, Fatimata Kouyaté ne cessait d’apporter sa touche originale à la promotion de la « Destination Mali » à travers l’organisation de circuits touristiques pour le compte de tours opérateurs de divers pays émetteurs de touristes… Présidence de l’Association malienne des agences de voyages et de tourisme (AMAVT), Mme Cissé était ces dernières années une actrice incontournable d’une meilleure organisation du Hadj au Mali.

Des lourdes responsabilités à la hauteur de l’expérience accumulée et d’un engagement patriotique sans failles

Son expérience et sa combativité lui donnaient naturellement accès à de nombreuses responsabilités. Vice-présidente du Réseau des femmes leaders du Mali (REFLE), Mme Cissé présidait aussi la commission « Tourisme et Hôtellerie » de la Chambre de commerce et d’industrie (CCIM). Très active, Fatimata a également été Secrétaire à la communication de l’Association des femmes chefs d’entreprise du Mali (AFCEM), présidente du Conseil patronal de l’industrie du tourisme (CPIT)… Tout comme elle était vice-présidente chargée de l’Hôtellerie, du Tourisme et de la Restauration du bureau du Conseil national du patronat du Mali (CNPM).

À noter que, jusqu’à son décès, « Bassoulé ka Mama» était la présidente du bureau des sages de l’association Carrefour de développement et de la paix au Mali (CDPM-San Nièta). Passionnée de littérature, elle est l’auteure d’un ouvrage appelé « Le Mali de A à Z » où l’on retrouve l’ensemble des adresses du secteur touristique du Mali. C’est dire que Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo avait toutes les raisons d’être « fière de ce que vous représentez pour les Maliennes ». Elle était et restera une référence parce que, Chevalier de l’Ordre national du Mérite, Fatimata Kouyaté Cissé ne cessait de prouver qu’il n’existe pas « d’obstacles infranchissables pour atteindre ses objectifs ».

Ce formidable parcours (réalisé malgré les coups foirés, la méchanceté gratuite et l’hypocrisie qui lui ont hermétiquement fermé des portes) a été jalonné de reconnaissance. Lauréate d’un Ciwara décerné par le communicant Haïdara en 1995, elle est Chevalier de l’Ordre national depuis 2009. Elle a deux autres diplômes de reconnaissance. Sans compter que le 22 mai 2025, l’équipe de « Miroir Média » lui a décerné une attestation de reconnaissance « Top Management » et un trophée. « J’ai beaucoup de respect pour mon pays. Ses structures, même privées, mettent beaucoup d’ardeur et de sérieux dans l’organisation de tels événementiels. Donc, j’y attache beaucoup de prix», nous avait alors confié la brave Madame Cissé.

Cette ultime distinction, elle l’avait dédiée d’abord au personnel de son agence de voyages, « Timbuctours », qui trime pour donner des résultats probants depuis plus de 30 ans. « Je la dédie aussi au patronat ainsi qu’à l’ensemble du secteur privé du Mali. Ensemble, nous nous battons chaque jour pour un meilleur devenir de l’économie malienne », a-t-elle ajouté.

Pour cette Nyeleni de l’émancipation et de l’autonomisation de la Malienne, le seul secret pour réussir réside dans « le courage et la persévérance ». C’est la voie qu’elle a montrée à tous ces jeunes qui la côtoyaient avant de tirer sa révérence ce triste 15 décembre 2025.

Moussa BOLLY

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