
Sous la présidence de Madame Oumou SALL SECK, Ministre de l’Entrepreneuriat National, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, le projet « Contribution à l’Insertion Professionnelle et au renforcement de la Résilience des Jeunes en Milieu Rural au Mali » a officiellement pris vie le mercredi 24 décembre 2025.
Dans la salle, lors du lancement beaucoup de monde. Membres du cabinet, responsables techniques, représentants des Gouverneurs, Conseils régionaux, FAO, organisations professionnelles, secteur privé, société civile. Des profils différents, mais une même attente : voire émerger des solutions concrètes pour les jeunes ruraux. Après les interventions protocolaires, la parole circule. Puis viennent les images, les chiffres, les perspectives. Le projet CIJR se dévoile, slides à l’appui. Et, comme pour sceller le moment, la traditionnelle photo de famille. Sourires sobres, mais conscients de l’enjeu.
Au nom du Président du Conseil Régional de Sikasso, Amidou BANGALY, Directeur du Centre Régional des Ressources, rappelle une évidence souvent oubliée : aucun projet ne réussit seul. Le CIJR, dit-il, s’inscrit dans la dynamique de développement du Kénédougou, mais sa réussite dépendra surtout de la capacité des acteurs à travailler ensemble, services techniques, collectivités, partenaires. Même direction, même lecture du terrain du côté de Ibrahim MAHAMANE, Conseiller aux Affaires Économiques et Financières du Gouverneur de la Région de Sikasso. Pour lui, le décor est déjà là. Sikasso, grenier agricole du Mali, terres fertiles, jeunesse active, savoir-faire transmis et vécu. Un cadre qui donne de la crédibilité au projet et de l’espoir.

Puis, vient la Ministre. Madame Oumou SALL SECK qui ne se contente pas de lancer un projet, elle le replace dans une vision, celle de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État. Une vision où la jeunesse n’est plus en marge, mais au centre, formée et insérée, debout économiquement, parce qu’un pays ne se refonde pas sans ses jeunes. Encore moins, sans leur donner les moyens de vivre dignement de leur travail. Sous l’impulsion du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, l’action publique, rappelle-t-elle, a pris un cap clair : emploi décent, valorisation du capital humain, insertion durable. Et surtout, ne pas oublier les jeunes des zones rurales. Leur offrir des opportunités là où ils vivent, là où ils veulent rester. Le CIJR s’inscrit dans cette logique. Mieux : il s’ancre dans la SNEDD 2024-2033, qui fait de l’agro-sylvo-pastoral, de la diversification agricole et de l’emploi des jeunes des priorités assumées.
Son lancement, le 24 décembre 2025, n’est donc pas un simple acte administratif. C’est l’aboutissement d’un cheminement long, réfléchi, parfois exigeant, avec une ambition simple et forte : redonner aux jeunes ruraux des perspectives réelles du travail, de la résilience et de la dignité. Le projet, structurant, est doté d’un budget national de 2,5 milliards de FCFA, pour une durée de cinq ans. Il sera mis en œuvre dans les régions de Sikasso, Bougouni et Koutiala, sous la coordination du Ministère, en lien avec les départements sectoriels concernés. Son originalité ? Une approche qui mise sur le concret: les Junior Farmer Field and Life Schools (JFFLS), la formation par la pratique, et le partenariat public-privé.

C’est pas une expérimentation théorique, mais une capitalisation d’expériences déjà éprouvées au Mali. Les chiffres donnent une idée de l’impact attendu. 300 nouveaux emplois à créer et 600 emplois existants à améliorer. Derrière ces nombres, des visages, des jeunes femmes et des jeunes hommes. Des trajectoires qui peuvent basculer. À terme, le CIJR doit renforcer les compétences, faciliter l’intégration des jeunes dans les chaînes de valeur agricoles et améliorer leur position sur les marchés, au Mali, comme au-delà. Un pari sur la capacité de la jeunesse rurale à produire, transformer, vendre et vivre de son travail. En filigrane, une vision plus large. Celle du « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma». Une ambition portée par les plus hautes autorités de la Transition : l’indépendance économique et financière, et l’émergence d’un Mali apaisé, stable et prospère. Ce jour-là, le CIJR n’a pas seulement été lancé. Il a été confié. À des institutions, oui. Mais surtout à une jeunesse qu’on choisit enfin de regarder autrement.
Sory DIAKITÉ






