Le Stade Omnisports Niaga Tembely était plein à craquer le dimanche 8 mars 2026 à Bandiagara, pour la célébration de la 32ème édition de la journée internationale des droits des femmes. Le lancement officiel des activités de cette journée commémorative était placé sous la présidence du premier ministre, Chef du gouvernement le Général de division Abdoulaye Maïga, représentant le président de la transition, le Général d’Armée Assimi Goïta.

Le Premier ministre avait à ses côtés, le gouverneur de la région le Colonel-major Olivier Diassana, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djénéba Sanogo, le maire de la Commune urbaine de Bandiagara M. Abdoulaye Kassogué, la presidente du Conseil régional de la société civile de Bandiagara, Mme Guindo Yaiguere Tembely. C’était en présence des représentants des institutions de la République, les membres du gouvernement, les partenaires techniques et financiers, les représentants des organisations de la société civile et les légitimités traditionnelles.
Le thème international de l’édition de cette année est : « Droits, justice, action pour toutes les femmes et filles ». Et celui national est : « Droits des femmes et des filles : agir pour un avenir sûr et équitable dans un Mali résilient, unifié et souverain ».
« En ma qualité de maire de la commune urbaine de Bandiagara et au nom de l’ensemble des maires de la région je vous souhaite la chaleureuse bienvenue à Bandiagara, terre d’histoire et de culture au cœur de la région de Bandiagara », a indiqué le maire M. Abdoulaye Kassogué, qui a souhaité la bienvenue au Premier ministre et à sa délégation. Pour lui, cette cérémonie revêt un double symbole, d’une part, elle magnifie le rôle central des femmes dans les sociétés maliennes, actrices de paix, de résilience et d’autre part, la pose de la première pierre de la Maison des légitimités traditionnelles, qui marque selon le maire, une volonté collective de renforcer la cohésion sociale, de consolider le dialogue intercommunautaire et de préserver les valeurs ancestrales de la région.

Pour sa part, la présidente du Conseil régional de la société civile de Bandiagara, Mme Guindo Yaiguere Tembely a manifesté sa gratitude aux autorités notamment, au Chef de l’État le Général d’Armée Assimi Goïta pour le choix porté sur Bandiagara d’abriter la journée internationale des droits des femmes. Pour elle, ce choix témoigne de la reconnaissance des sacrifices et de la résilience des femmes de cette région, qui, malgré les épreuves, continuent de jouer un rôle déterminant dans la préservation du tissu social, dans la cohésion communautaire et dans le développement local.
Par ailleurs, ddevant l’insécurité persistante dans la région, elle estime que les femmes et les jeunes sont malheureusement les couches sociales qui paient le plus lourd tribut de cette crise. « Il est donc urgent de renforcer les programmes d’autonomisation économique des femmes et de la création d’emplois pour les jeunes, afin de leur offrir des perspectives d’avenir et de renforcer la stabilité sociale », a-t-elle plaidé. Avant de réaffirmer l’engagement de la société civile à accompagner les autorités dans toutes les initiatives visant la stabilité, la cohésion sociale et le développement du Mali.

Dans son intervention, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille Mme Diarra Djénéba Sanogo, a indiqué que la tenue de la célébration officielle dans la région de Bandiagara traduit la volonté des autorités du Mali de rapprocher l’action publique des communautés, de promouvoir la décentralisation des grandes manifestations nationales et de valoriser le rôle et la responsabilité des femmes dans les dynamiques locales de résilience et de développement. « En célébrant la journée internationale des femmes, nous renouvelons notre engagement collectif à bâtir un Mali où chaque femme et chaque fille jouit pleinement de ses droits, participe aux instances de décision, contribue à la paix et bénéficie équitablement des fruits du développement », a indiqué Mme Diarra Djénéba Sanogo.
Aussi, elle rappellera que depuis plusieurs décennies, le Mali s’emploie à créer un environnement normatif, institutionnel et opérationnel favorable à l’exercice effectif des droits des femmes. Plus particulièrement, il s’agit entre autres, de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) ; la Convention relative aux droits des enfants (CDE) ; la déclaration et le programme d’action de Beijing ; entre autres.
Au plan national la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille mettra l’accent sur la Constitution du 22 juillet 2023 ; le Code pénal, la Loi n 2015-052 du 18 décembre 2015, instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives ; la politique nationale genre (PNG) ; le programme national d’éducation aux valeurs sociétales (PNEV) ; l’organisation des Etats généraux sur la situation des femmes, de l’enfant et de la famille. C’est ainsi que la ministre de tutelle va renouveler au nom de toutes les femmes du Mali, toute sa gratitude aux autorités de la transition pour toutes les initiatives et les actions de refondation permettant aux femmes de jouer pleinement leurs rôles et d’assumer leurs responsabilités pour la souveraineté, la dignité et le développement inclusif.
Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a adressé ses remerciements chaleureux aux légitimités traditionnelles, aux autorités administratives et à l’ensemble des populations de Bandiagara pour l’accueil fraternel et réservé à sa délégation. « Votre mobilisation exceptionnelle témoigne de l’importance que vous accordez à la promotion de la femme dans notre société », a-t-il indiqué. Selon lui, le choix de Bandiagara pour abriter cette cérémonie est hautement symbolique. Il trouve la ville historique et culturelle soutenant que Bandiagara incarne la richesse patrimoniale et les valeurs profondes de notre nation. « Alors que 2026-2027 est placée sous le signe de la culture et de l’éducation au Mali, il était important de lier la promotion des droits des femmes à nos fondements culturels . Et de soutenir que la culture, loin d’être un frein, doit être un socle d’émancipation et de cohésion sociale.

Parlant des résultats, le Chef du gouvernement estime que d’importants progrès significatifs ont été accomplis ces dernières années par les autorités maliennes.
En termes d’autonomisation économique des femmes par exemple, il soutiendra que des initiatives structurantes ont été mises en œuvre pour faciliter l’accès des femmes au financement, soutenir les activités génératrices de revenus et promouvoir l’entrepreneuriat féminin notamment, en milieu rural. Selon lui, ces efforts ont produit des résultats concrets et mesurables. Et de relever : « En 2025, 1046 groupements et associations ont été renforcés, 124 associations et groupements ont bénéficié d’un appui, et 3875 filles et femmes ont été formées dans différents corps de métier », a soutenu M. Maïga. Il précisera que ces réalisations traduisent une avancée significative vers l’autonomisation économique des femmes et la réduction des inégalités entre les sexes, en donnant aux femmes et aux filles les moyens de participer activement au développement de leurs communautés et à l’essor du Mali.
Pour le Premier ministre, la promotion des droits des femmes est l’affaire de tous et de soutenir que la femme malienne est le pilier de la famille, le socle de la communauté et une force indispensable au progrès de la nation. « Investir dans la femme, c’est investir dans la paix, la stabilité et le développement durable », dit-il. Il a réitérer au nom du gouvernement, sa détermination à accélérer l’autonomisation économique des femmes, de renforcer la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre ; de promouvoir l’égalité des chances dans l’accès aux responsabilités et aux opportunités ; d’intégrer systématiquement l’approche genre dans les politiques publiques.
Enfin, le Général de division Abdoulaye Maïga invitera toutes les sensibilités du pays à l’unité nationale, à l’engament des communautés et à la responsabilité collective.
Rappelons que l’ouverture des travaux de lancement de cette cérémonie a été marquée par la pose de la première pierre du vestibule des légitimités traditionnelles de Bandiagara. Et les prestations artistiques à travers notamment des troupes folkloriques et des masques traditionnels dogons.
A célébration au Mali de la journée du 8 mars, remonte à 1994. Ladite journée a été instituée par l‘Organisation des Nations Unies en 1977.
Yacouba COULIBALY






