Ils étaient plus d’une trentaine de journalistes, influenceurs et blogueurs à prendre part à la formation initiée par le responsable de l’Agence Nationale des Énergies Renouvelables et de Bioénergies(ANERB). Les activités ont eu lieu, du 17 au 18 décembre 2025, dans la salle de réunion de la Direction nationale de l’Energie (DNE) sise à Ex-CRES sur la colline de Badalabougou.

Durant ces deux (2) jours, les échanges ont porté entre autres sur: la définition des règles de conduites ; le suivi des formulaires de motivation ; la présentation de l’ANERB et celle du programme ABC ; la projection des vidéos non seulement sur la technique d’exploitation et d’entretien du biodigesteur, mais également, sur la production et application du CEB ; la technique de compostage et production de CEB ; la formulation de recommandations par les participants en vue d’améliorer la stratégie de communication et de plaidoyer autour de la technologie de biodigesteur.
Les présentations ont été co animées par le Coordinateur ABC/ANERB, M. Maurice KAMATÉ et M. Ibrahim COULIBALY.

Selon M. KAMATÉ, l’objectif général de la formation est de renforcer les capacités et améliorer les connaissances des journalistes, influenceurs et blogueurs sur les différentes thématiques liées à la technologie du biodigesteur, afin de favoriser une meilleure compréhension, une diffusion accrue de l’information et une promotion efficace de ses avantages auprès du grand public. Et d’ajouter que les objectifs spécifiques sont entre autres, identifier et mobiliser les journalistes, influenceurs et blogueurs ciblés pour participer à la formation ; présenter le programme ABC, ses objectifs stratégiques, ses mécanismes d’intervention et ses initiatives phares ; expliquer clairement le principe de fonctionnement d’un biodigesteur ainsi que ses avantages sociaux économiques, sanitaires et environnementaux ; permettre une immersion pratique en offrant aux participants l’opportunité d’observer directement la technologie du biodigesteur sur un site démonstratif ; encourager l’engagement des participants dans la dissémination de l’information, la sensibilisation des communautés et le partage d’expériences positives.

Pour sa part, M. COULIBALY a paraphrasé une étude menée par SEI, (2019) et IRENA, (2019), indiquant qu’au Mali, le bois et le charbon de bois représentaient environ 74% de la consommation énergétique et la quantité de bois exploitée annuellement pour la cuisson des aliments, est estimée à « 6 millions de tonnes soit l’équivalent de 400 000 hectares de déforestation ». De même, l’étude de (IRENA, 2019) relève que seulement 2 à 3% de la population auraient accès à des combustibles pour la cuisson propre.
Par ailleurs, les constats révèlent que les ménages sont confrontés à des défis chroniques notamment la rareté du bois de chauffage, une faible fertilité des sols et de productivité, des risques climatiques élevés, un accès limité aux engrais, une augmentation du gaz butane, une augmentation du nombre de cas de maladies respiratoires aigües liées à la fumée de cuisson qui serait passée de 282 000 en 2001, à plus de 1.500.000 cas en 2016, pour Bamako. C’est ainsi que, les experts de l’ANERB diront que la technologie du biodigesteur se présente comme une solution viable, à condition, précisent-t-ils, que sa vulgarisation à grande échelle soit soutenue par les autorités maliennes, mais aussi et surtout, par l’ensemble des professionnels de médias.

Rappelons qu’à l’issue des travaux, les participants ont formulé une trentaine de recommandations dont les principales sont entre autres : de produire des émissions radios, télés, des articles de presse pour inciter les décideurs politiques à accompagner le projet ; de réaliser des sketchs de sensibilisations ; d’intensifier les campagnes de sensibilisation, les bandes annonces, les publicités et de multiplier les formations ; d’organiser des concours entre les professionnels de médias (le prix du Biodigesteur) ; d’organiser des journées portes ouvertes à l’intention des étudiants ; l’utilisation des langues nationales maliennes lors des campagnes de communication, traduction des documents en langue nationale ; de former des entreprises au niveau communal pour monter et entretenir les biodigesteurs ; d’intensifier les contenus sur les réseaux sociaux notamment les success stories sur Tikt Tok et Facebook ; de travailler avec des coopératives de femmes en mettant à leurs dispositions un biodigesteur ; et de créer un réseau de journalistes, influenceurs, et blogueurs autour du biodigesteur.
Enfin, le programme African Biodigesteur Component (ABC) vise à soutenir la croissance et la durabilité d’un secteur commercial de biodigesteurs. Ledit programme qui a débuté en 2022, prendra fin en 2026. Son approche est basée sur le développement d’un marché de biodigesteur en renforçant la demande, l’offre et l’environnement favorable.
Yacouba COULIBALY






