La préfecture de Kalaban Coro a abrité une journée de conférence débat dans le cadre des 16 jours d’activisme, le samedi 06 décembre 2025. Une activité organisée par le Réseau National des jeunes et femmes rurales du Mali (RENAJFFERM) en partenariat avec la Communauté de Pratique en Matière de lutte contre la Corruption (CPLC), financé par LUCEG, le Projet d’appui à la lutte contre la Corruption pour et par l’égalité des genres (Entento Canada -Mali). L’activité était présidée par Mme Diakité Ouleymatou Sow, représentante de Mme le ministre de la Promotion de la Femme , de l’Enfant et de la Famille. Elle avait à ses côtés la présidente de RENAJFFERM, Mme Salimata Konaté et Mme la présidente de CPLC Mme Mariam Diama Sanogo. Le thème de la conférence était « Corruption et VBG : un double frein à l’autonomisation des femmes et filles. » Les conférenciers étaient Mme Diakité Kadidia Seck et Monsieur Lamine Coulibaly.

Dans son intervention, Mme Salimata Konaté présidente du RENAJFFERM a affirmé que Le Réseau National des Jeunes Filles et Femmes Rurales du Mali, en collaboration avec la Communauté de Pratique en matière de Lutte contre la Corruption, organise cette activité de sensibilisation communautaire placée sous le thème:« Corruption et VBG : un double frein à l’autonomisation économique des femmes et des filles ». Ce thème met en exergue deux réalités préoccupantes qui affectent profondément la vie des femmes et des jeunes filles. La corruption et les violences basées sur le genre ne sont pas seulement des violations de droits ; ce sont des obstacles structurels qui entravent l’accès à la justice, aux opportunités économiques et au développement humain. Leur persistance menace la cohésion sociale, la gouvernance et la stabilité de nos communautés, a noté Mme Salimata Konaté.
Les autorités administratives de Kalaban Coro sont à remercier pour leur engagement constant dans la promotion des droits des femmes et des filles, plus précisément le commissariat de Kalaban Coro, qui a toujours soutenu le RENAJFFERM dans sa lutte contre les VBG a souligné la présidente. Votre présence aujourd’hui, témoigne de votre détermination à lutter contre toutes les formes de violences, a ajouté la cheffe du RENAJFFERM.
Pour la présidente de CPLC Mme Mariam Diama Sanogo, avant tout propos, a remercié LUCEG pour son soutien constant à l’égard de la CPLC, dans la dynamique de la lutte contre la Corruption qui porte gravement atteinte aux droits de la population en général et ceux des femmes et des filles en particulier.

Ainsi, a-t-elle dit, à l’instar de la communauté internationale, notre pays célèbre chaque années la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles. « Deux dates importantes marquent le début et la fin de la campagne à savoir, le 25 novembre (Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes et les filles. » Le 10 décembre (Journée internationale des droits de l’homme). Cette année le thème au niveau international est : Unité pour mettre fin à la violence numérique contre toutes les femmes et filles. Pour adapter ce thème au contexte Malien, le département de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille a retenu le thème suivant « l’utilisation responsable des réseaux sociaux, gage de protection de promotion et de préservation des valeurs culturelles des femmes et filles du Mali, » a noté Mme la présidente.
En effet, la présidente de CPLC, a rappelé que ces violences demeurent un phénomène universel qui persiste dans tous les pays du monde et se perpétuent dans tous les milieux ( famille, école, service, etc.).Selon l’enquête Démographique et de Santé du Mali (EDSM-Vll, 2023-2024) au moins 32% des femmes de 15-49 ans, ont subi des actes de violence sexuelle. Selon GBVIMS, au moins 22777 incidents de VBG ont été rapportés en 2024 au Mali. Parmi ces incidents 98% touchent uniquement les femmes et les filles, a précisé Mme Mariam.
« Malgré les efforts fourni par le gravement avec l’appui des partenaires au développement ainsi que les organisations de la société civile, les indicateurs demeurent inquiétants et les violences persistent, notamment à travers les technologies d’information et de communication », a conclu Mme Mariam Diama Sanogo.

Pour la représentante du ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, Mme Diakité Ouleymatou Sow , « le sujet est d’une portée concrète et essentielle. La Corruption, qu’elle soit au niveau institutionnel, administratif ou local, compromet l’accès aux services, aux opportunités économiques, aux programmes de soutien, et fragilisent davantage les femmes et les filles, particulièrement les plus vulnérables. La violence basée sur le genre, qu’elle soit physique, psychologique, économique et institutionnelle, elle est aussi un obstacle majeur à l’autonomie, à l’émancipation, à la vie sociale, économique et politique. En combinant ces deux sujets, nous mesurons à quel point la Corruption peut aggraver les VBG, peut perpétuer les dynamiques de dépendance, de pauvreté d’exclusion. C’est pourquoi, il est fondamental, d’être attentif, enfin de comprendre les liens, d’identifier les défis, mais aussi, de repérer les pistes de changements d’action collective et de responsabilité », a souligné Mme Diakité.
A noté que les Slameurs ont apporté leur touche à la cérémonie. Les conférenciers se sont bien défendu sur le sujet en expliquant les VBG et la Corruption, l’impact croisés de VBG sur l’autonomisation des filles. Les conséquences et les solutions. Les participants ont été émerveillés par les conférenciers, les questions posées par l’assistance , suivies de réponse.
Mady TOUNKARA






