LE LIVRE « LA MAUDITE PIROGUE » DE SEYDOU SAIBOU COULIBALY PRÉSENTÉ AU GRIN LITTÉRAIRE DE LA FAC-MR

 

Lécrivain  Seydou Saïbou Coulibaly était linvité ce samedi 22 novembre 2025, du Grin littéraire mensuel de la FAC MR. C’était au siège de ladite l’Association sis au quartier   Darsalam en commune III du District de Bamako. Cette  rencontre qui est une initiative des responsables de l’Association des Femmes d’Afrique et  Culture-Mémorial de Rufisque (FAC MR) entre dans le  cadre de la promotion de la lecture chez les jeunes lycéens et lycéennes.

La Secrétaire exécutive de la FAC-MR, Mme Daoulé Diallo Ba, avait à ses côtés, Mme Boré Assata Kanté Ingénieure d’agriculture, la psycho pédagogue Mme Diakité Oumou Faye, des enseignants et de plusieurs jeunes élèves.  Dans son mot de bienvenue,  Mme Daoulé Diallo Ba s’est adressée aux élèves en ces termes : «  la FAC MR c’est pour vous aider. Notre premier objectif, c’est le dialogue inter générations. Nous avons mis en place ce Grin littéraire pour essayer de développer les cultures livresques chez les  jeunes ». Elle a félicité l’auteur pour le travail abattu et invité les jeunes à participer aux débats. « Nous voulons votre épanouissement et il faut que vous parliez pour qu’on puisse savoir ce que vous désirez », a-t-elle-dit avant de déconseiller l’immigration clandestine comme option pour s’épanouir.

Dans son exposé,  l’auteur explique que  « la maudite pirogue »  est une pièce repartie en trois (3)  actes et cinq scènes. C’est un livre qui retrace l’immigration d’un jeune qui a tout perdu dans son pays d’origine mais, qui était très brillant à l’école. Il est nommé par l’auteur, « Faden » qui signifie en bambara rivalité.  Il a ajouté que le personnage « Faden »  avait ouvert son salon de coiffure et se frottait bien  les mains, mais à  cause de la pression sociale qu’il décidera de prendre le chemin de l’immigration et ce, malgré l’intervention des proches qui n’ont pas pu le dissuader de rester au bercail.  C’est sur ce chemin périlleux, qu’il sera capturé, torturé et réduit en kamikaze.  En mourant, le sieur Faden transmettra un  message de sensibilisation à l’endroit des jeunes de  rester dans le pays et de travailler.

Par ailleurs, M. Coulibaly va expliquer pourquoi il a opté pour le théâtre comme moyen d’expression. « Une œuvre est faite pour être jouée et chaque fois qu’on écrit c’est pour qu’elle soit mise en scène. J’ai choisi le théâtre pour que le message puisse avoir une large portée, même ceux qui ont eu la chance d’aller à l’école de pouvoir aussi comprendre le message qui est transmis à travers la pièce.   Donc le théâtre est beaucoup plus vivant, c’est pour cela que je l’ai choisi », a-t-il indiqué. Il demeure convaincu que le théâtre  pourrait changer les mentalités. C’est ainsi que, l’orateur du jour va révéler  ses motivations :  « nous avons remarqué que ces derniers temps, nos frères et sœurs prennent  le  chemin  de l’immigration clandestine. Souvent, ils nous reviennent malades, certains perdent la vie en cours de route et c’est ce qui nous a poussé à prendre la plume et à les dire sur notre façon de voir ».

De même, sur la question d’une éventuelle remise en cause de l’immigration, l’auteur réagit :  « L’immigration a de l’importance, mais pour que ça soit plus utile il faudrait qu’elle soit légale ». En ce qui concerne les facteurs qui motivent le phénomène, il pointe du doigt la responsabilité des autorités par rapport à l’employabilité des jeunes, avant de jeter la pierre sur le système éducatif malien, expliquant par ailleurs, que les filières qui sont dispensées dans les écoles ne répondraient pas  aux réalités des marchés d’emplois.

Pour que la jeunesse puisse relever le défi, M. Seydou Coulibaly préconise plutôt, la culture de la lecture. « C’est à travers la lecture qu’on découvre des idées critiques », a-t-il indiqué. Enfin, il  invitera  les autorités à revoir le système éducatif malien, les parents  de ne pas encourager les jeunes à l’immigration clandestine et aux jeunes de rester au pays, afin de le bâtir car dit-il, personne  ne viendra bâtir le Mali à la place des maliens.

Pour ce professeur de Lettres au Lycée Askia, Bakary Kimpao, l’immigration n’est pas une bonne chose.  « Tout ce qu’on peut entreprendre ailleurs, on peut le faire chez nous avec les moyens dont nous disposons », a-t-il témoigné.  En outre,  M. Kimpao  retient de la pièce, la clarté et la simplicité de l’auteur.

Rappelons que la «  maudite pirogue » comprend 64 pages. Le thème principal est l’immigration clandestine et les thématiques portent entre autres sur la torture, la mort, l’irresponsabilité, la pression sociale, l’abandon, la corruption, la folie. Cette  présentation a été clôturée par une visite guidée à la bibliothèque Sira Diop.

Yacouba COULIBALY

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