
Le Centre international de Conférences de Bamako (CICB) a abrité le jeudi 20 novembre 2025, la journée internationale des droits de l’enfant. La cérémonie était présidée par la ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djénéba Sanogo.
C’était en présence des chefs de file des partenaires techniques et financiers, des organisations et associations intervenants dans le domaine de la protection des droits des enfants, des membres d’institutions et de plusieurs personnalités. Le thème international est « Ma journée, mes droits » et le thème national porte sur la « Planification et budgétisation sensibles aux droits de l’enfant ».
En effet, Rokia Camara a, au nom de la présidente du Parlement des enfants du Mali, déploré entre autres, les crises sécuritaires dans le pays, ayant provoquées des déplacés dans le rang des enfants dont certains d’entre eux n’ont pas accès à des services sociaux de base. « Certains enfants souhaitent étudier mais, ne peuvent pas le faire parce que les écoles sont fermées, brulées ou transformées en lieux non destinés à la scolarisation », a ajouté la première vice-présidente du Parlement des enfants avant de laisser entendre que chaque école fermée est un rêve qui s’éteint, une ambition brisée, un future compromis.
Après avoir réaffirmé le soutien du département aux enfants du Mali, Mme la ministre a fait savoir que malgré les défis, des progrès réels en termes de budgétisation ont été enregistrés dans chacun des grands domaines des droits de l’enfant à savoir, la survie, le développement, la protection et la participation de l’enfant. Et de relever qu’entre 2012 et 2023, les dépenses publiques totales ont été multipliées par 2,75 avec une croissance annuelle moyenne de 9,6%. Elle précise que cette augmentation est principalement due aux dépenses courantes, tandis que les dépenses en capital ont fléchi depuis 2017, restreignant les capacités de mise en œuvre des politiques de développement social.
Dans le domaine de l’éducation, Mme Diarra Djénéba Sanogo se félicite, « Les dépenses ont plus que doublées passant de 233 milliards de francs CFA en 2010, à 558 milliards de francs CFA en 2025, soit plus de 105%. L’éducation de base représente près de la moitié de ces dépenses, avec une croissance de 19% entre 2018 et 2024. L’éducation secondaire générale, bien que modestement financée est passée de 9 à 65 milliards de francs CFA sur la même période », a-t-elle indiqué et d’ajouter que la part du budget national consacrée à l’éducation est restée relativement stable autour de 19-20% ».

De même, poursuit-elle, les dépenses dans le secteur de la santé ont augmenté de 29% entre 2011 et 2025, passant de 120 154,4 milliards de francs CFA. Malgré cette hausse, souligne la ministre du département, leur part dans le budget total reste autour de 7%. Pour Mme Diarra Djénéba Sanogo, les programmes de soins de santé primaires et de lutte contre la maladie en absorbent environ un tiers. C’est ainsi, qu’elle va déplorer que les dépenses pour la disponibilité de médicaments et de vaccins, bien qu’en forte progression (de 9 à 65 milliards de francs CFA entre 2018 et 2024), demeurent insuffisantes face aux besoins ». Et de préciser que les fonctions liées à la promotion de l’enfant et de la famille reste très faiblement financée, avec des allocations représentant moins de 1% du budget total (0,4% en 2018 ; 0,2% en 2024). Avant d’inviter l’ensemble des acteurs à renforcer les actions de plaidoyers, à adopter des stratégies et plans, afin de rendre effective, l’approche planification et budgétisation sensibles aux droits des enfants pour que le slogan « pour chaque enfant, tous ses droits », soit une réalité.
Rappelons que la cérémonie a été clôturée par la lecture et la remise officielle de la note de plaidoyer à Mme la ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, visant à renforcer davantage la promotion et la protection des droits des enfants au Mali. La date du 20 novembre marque l’adoption par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies de la déclaration des droits de l’enfant en 1959, et celle de la signature de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) en 1989, que le Mali a ratifiée en 1990.
Yacouba COULIBALY






