Une journée pas comme les autres, au Musée national, ce 15 septembre 2025. Une parenthèse de souvenirs et d’émotions, dédiée à la mémoire d’Ali Farka Touré. Et cela grâce á la Fondation qui porte son nom, l’AMAHREC – SAHEL et le Festival Ali Farka Touré, épaulés par le Ministère de la Culture. Étaient conviés, les chercheurs, artistes et mélomanes. Tous réunis pour célébrer celui que beaucoup considèrent encore comme le plus grand ambassadeur culturel du Mali.
Tout a commencé par une conférence. Trois voix fortes sur scène : Afel Bocoum, frère de route musical, Aminata Dramane Traoré, plume engagée, et Vieux Farka Touré, fils du maître et président de la Fondation. Chacun a livré sa part d’histoire, souvenirs intimes, anecdotes de route ou réflexions sur l’héritage laissé. Moment fort : Aminata Dramane Traoré a ressorti devant le public un Press Book confié par Ali lui-même, témoignage précieux destiné à nourrir l’écriture de son parcours et enrichir davantage son musée.

Puis les portes se sont ouvertes sur l’exposition « Ali Farka Touré – L’ADN du Blues ». Une plongée dans l’univers du maître : objets personnels, guitares, photos, vidéos, témoignages… Une mise en scène signée Abdoulaye Konaté. Plus qu’une expo, une traversée. On y découvre Ali à la fois comme artiste visionnaire, homme enraciné dans les sonorités du fleuve Niger et figure universelle qui a su faire dialoguer tradition et modernité.
Et parce qu’Ali ne se raconte pas sans parler de transmission, l’exposition braque aussi ses projecteurs sur son fils, Vieux Farka Touré. Le lien filial devient ici moteur : c’est lui qui porte le Festival, lui qui rappelle que préserver l’œuvre de son père est à la fois un devoir et un héritage à transmettre. Dans ses mots : « Ali est toujours parmi nous. Préserver son nom, son œuvre et son rayonnement, c’est une mission. Et nous continuerons à l’amener partout : au Mali, au Sénégal, en France, aux États-Unis, en Angleterre… partout où la musique peut voyager ».

La soirée s’est terminée en musique, forcément. La Nuit Ali Farka Touré, un concert-hommage où se sont succédé des artistes maliens et internationaux. Chacun à sa manière a revisité les morceaux intemporels du maître. Une communion et une évidence : le blues sahélien d’Ali, enraciné dans la terre du Sahel, reste une langue universelle qui relie les peuples.
Placé sous le haut patronage du ministre Mamou Daffé, l’événement s’inscrit dans l’Année de la Culture au Mali. Mais au-delà des discours officiels, cette journée a surtout rappelé une vérité simple : la culture n’est pas qu’un souvenir, c’est une force qui unit et qui fait briller le pays bien au-delà de ses frontières.
L’exposition se poursuit au Musée National jusqu’au 15 octobre. Elle marque aussi le lancement d’un projet itinérant et international, « Degal Tour / La Traversée ». Une nouvelle étape pour prolonger le voyage d’Ali Farka Touré. Son œuvre, déjà immortelle, continue de vivre, de voyager et d’inspirer.
Sory DIAKITÉ







