
D’éminents enseignants-chercheurs, des autorités administratives et politiques, des membres des organisations de la société civile, ont pris part, le samedi 16 août 2025, à l’Institut des sciences humaines (l’ISH), à une conférence débat sous le Thème : « Au-delà de l’esthétique, comment mobiliser la culture pour la réfondation de l’Etat ?»
La conférence-débat, animée par l’ancienne ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Pr Assétou Founé Samaké Migan, a été modérée par M Yawaga Felix Koné. C’était en présence du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Pr Bouréima Kansaye et le directeur général de l’ISH, Dr Baba Coulibaly.

Au cours des débats, Pr Assétou Founè Samaké Migan a mis en avant la dimension matérielle de la culture plutôt que celle festive et discursive. Elle parle par exemple de l’artisanat qui pourrait aider les uns et les autres dans la production économique et materielle qu’il faut renforcer.
Dans ses mots de bienvenue, le directeur général de l’ISH Dr Baba Coulibaly a indiqué que dans un pays comme le Mali, la culture constamment a été pensée comme l’héritage matériel, intellectuel et spirituel des grandes formations étatiques soudano-sahéliennes. « Le stock culturel constitué et transmis par ces pouvoirs se rapporte non seulement aux valeurs mais aussi aux styles culturels, c’est-à-dire, artistiques et architecturaux par exemple, aux pratiques économiques, aux répertoires rhétoriques, aux usages sociaux », dit-il. Pour le directeur Coulibaly, elles ont ainsi permis la mise en œuvre d’une politique des expressions culturelles comme facteur de brassage et de cohésion sociale dans la dynamique de la refondation nationale.

C’est pourquoi, précise-t-il, le thème de cette conférence est bien à propos, car il invoque dans une dimension, la problématique de l’apport de la culture dans le processus de refondation de l’État. Cela implique de valoriser selon lui, l’histoire, les traditions, l’art et la créativité tout en adaptant les institutions et les politiques publiques pour qu’elles soient en phase avec les réalités culturelles du pays. Par ailleurs, le DG de l’Institut estime qu’il y a un besoin réel d’adapter l’État à nos réalités culturelles afin que le peuple reprenne confiance en lui-même et à son génie ; le Mali doit reconquérir ses pressions culturelles propres et bâtir une nation juste et épanouie. C’est pourquoi, explique-t-il, la dynamique théorique et pratique de valorisation de la culture comme facteur essentiel de la refondation et du développement durable mérite d’être soutenue.
Pr. Bouréima Kansaye a félicité le directeur général de l’Institut pour avoir initié cette conférence débat qui cadre parfaitement avec la vision du président de la transition décrétant l’année 2025, comme celle de la culture. Il a précisé que cette conférence traduit l’implémentation de la politique de son département en particulier, le Plan stratégique national de la recherche et de l’innovation-PSNRI- (2025-2034). Et d’expliquer que le PSNRI est un instrument de mobilisation des différents acteurs pour les fédérer autour des objectifs prioritaires de développement du Mali. L’objectif spécifique 7.3, du PSNRI vise à développer la culture comme facteur de développement socioéconomique, de stabilité et de paix. Aussi, il a renouvelé son engagement personnel et celui du département à accompagner les chercheurs et hommes de culture dans leurs efforts au quotidien, pour la refondation de l’Etat. Car, explique le ministre Kansaye, l’université à un rôle de premier plan dans ce processus.

Dans son exposé, la conférencière a insisté sur la démarche scientifique qui lui semble plus cohérente et rationnelle. À entendre à la Pr Assétou Founé celle-ci permettrait aux uns et les autres de bien se situer afin de sortir dans les débats qu’elle qualifie de « philosophiques » et des « sciences sociales anthropologiques ». Selon elle, l’objectif recherché est de participer à la célébration de l’année de la culture décrétée par le président de la transition, le général Assimi Goïta. Et de laisser entendre que les défis sont de voir comment engager la culture et de booster la production économique pour satisfaire les besoins de la population. « Si nous ne regardons pas notre culture matérielle tous ce que nous sommes en train de dire, cette grande philosophie là, on passe à côté », prévient-elle. Avant de conclure qu’il faut qu’on ait confiance en nous-mêmes et de comprendre que nous avons un passé, une culture sur lesquels nous pouvons nous appuyer et nous projeter dans le temps.
Rappelons que cet événement s’inscrit dans la vision de l’ISH de favoriser des échanges entre les enseignants-chercheurs et plus largement, entre les intellectuels du Mali et d’ailleurs sur des questions de sciences sociales et humaines. In fine, il s’agit de promouvoir le débat scientifique afin que toutes les questions brulantes de notre société aient un traitement intellectuel, à même de contribuer aux solutions. Elle se traduit par l’organisation de colloque, de conférences et autres réunions à caractère scientifique parmi lesquels « Les samedis de l’ISH ».
Yacouba COULIBALY






