
Le 31 juillet 2025, sera la 63ème année, de commémoration de la Journée panafricaine des femmes. Le Mali à l’instar des autres pays d’Afrique, célèbrera cette journée avec faste. En effet, c’est le 31 juillet 1962, à Dar-es-Salaam au Tanganyika, dans l’actuelle Tanzanie, que des femmes africaines s’étaient réunies pour la première fois, pour mettre sur pied une organisation appelée la « Conférence des femmes africaines » (CFA). Ceci, à la suite d’une prise de conscience de leur rôle dans la libération et le développement durable de l’Afrique, où hommes et femmes doivent s’investir pour le bien-être commun.
Parmi ces pionnières qui ont participé activement à tous les combats auxquels faisait face le continent africain, des maliennes étaient au-devant de la scène. Mme Sow Aissata Coulibaly et Mme Attaher Jeannette Haidara faisaient parties de la délégation malienne qui participa à la rencontre du 31 juillet 1962, à Dar Es Salaam au Tanganyika, dans l’actuelle Tanzanie.
A la suite de cette rencontre des femmes africaines, la même année, les Nations Unies promulgue la journée internationale de la femme africaine (JIFA). Mais, c’est à l’occasion du premier Congrès de l’Organisation Panafricaine des Femmes (OPF), (PAWO en anglais), le 31 juillet 1974, à Dakar que la journée est instituée. Au Congrès de Dakar, c’est Mme Keita Aoua Thiéro qui était à la tête de la délégation malienne. De 1962 à 1968, le siège du Secrétariat Général de la Conférence des Femmes Africaines était au Mali et dirigé par la Guinéenne Jeanne Martin Cissé.
Notons que les mères fondatrices de la panafricaine au Mali sont : Aoua Kéïta, la première femme d’Afrique francophone, élue à l’Assemblée législative au Soudan français en 1959, celle qui a créé un syndicat féminin en 1956. Elle en est l’initiatrice avec Bassata Djiré, la première à créer une organisation féminine au Soudan français et du Congrès de l’Union des femmes de l’Ouest Africain, en 1959 à Bamako, qui rassembla près d’un millier de participantes issues de la Sous-région. Sira Diop, la première bachelière et première directrice du Lycée de Jeunes filles de Bamako (actuel Lycée Ba Aminata), Institutrice diplômée de l’École normale de jeunes filles de Rufisque, militante féministe et syndicaliste; Jeanne Martin Cissé de la Guinée ; Mme Maïga Jeannette Haïdara, institutrice ; Mme Sow Aïssata Coulibaly, première directrice de l’école des filles de la poudrière en 1946, et ce, jusqu’en 1965, après avoir enseigné à l’École Maginot de Bamako.
Au départ, beaucoup parmi ces pionnières étaient des institutrices
Les premières institutrices au Mali, selon la Vice-présidente de l’OPF, Mme Diallo Kama Sakiliba, étaient au nombre de 14, dont des noms cités plus haut, à part Awa Kéïta. Elles sont les premières institutrices formées à l’École Normale Fédérale de Rufisque, elles ont créé la Fondation Femmes d’Afrique-Mémorial de Rufisque (FAC-MR) au Mali. L’objectif de ces pionnières était, d’unir leurs forces, de travailler ensemble autour d’un idéal commun notamment celui de contribuer à l’amélioration significative des conditions de vie de la femme africaine et à son émancipation. Elles ont lutté aux côtés des pères fondateurs, pour la libération totale du continent africain, l’élimination de l’apartheid et l’instauration d’une justice commune qui défende les droits des femmes en tant qu’être humain, devenaient alors les objectifs prioritaires du mouvement.
Les droits des femmes en Afrique, grâce à cette journée, ont connu une amélioration importante. Plusieurs États ont mis en place des instruments pour apporter une protection certaine à la gent féminine. L’OPF est la première et la plus ancienne organisation féminine africaine créée dans l’optique de « réunir toutes les organisations féminines africaines dans une plate-forme unique pour partager les bonnes pratiques, promouvoir les droits humains en vue d’éliminer toute forme de discrimination à l’égard des femmes, soutenir la libération de l’Afrique et promouvoir la pleine intégration des femmes africaines dans le développement économique, social et politique du continent ».
À travers l’OPF, l’UA a pris des engagements politiques forts, tels que le principe de parité qui a conduit à la nomination de la première femme Présidente de la Commission de l’UA, et le Protocole de Maputo sur les droits des femmes, qui ont donné aux femmes l’espace nécessaire pour faire valoir leur opinion et prendre une part active aux affaires de l’Union. Outre la lutte pour l’accession à l’indépendance politique, l’OPF a contribué à soutenir la lutte pour la liberté des femmes.
Transformation de l’OPF en une agence spécialisée de l’UA
Au cours de la vingt-huitième session ordinaire des chefs d’État et de gouvernement en janvier 2017, le statut d’agence spécialisée de l’Union africaine a été conféré à l’OPF en vertu de la décision 621 (XXVIII) de la Conférence. La Direction Femmes, Genre et Développement (WGDD) est la principale entité au sein de la Commission de l’UA à soutenir l’opérationnalisation de l’OPF en une agence spécialisée et à poursuivre le partenariat solide qu’elle a forgé au fil des années, grâce à une programmation conjointe et à un soutien financier.
Maïmouna TRAORÉ/UN/OPF






