Cynthia Olive BIWOLE est la promotrice de la marque « Be Whole and Creative » qui met en valeur le raphia, l’écorce de l’arbre plus connu au Cameroun sous le nom de Obom ou akpwa’a (dans la langue Badjoué à l’Est du Cameroun) ) et le cuir pour un rendu plus moderne, unique et stylé. Entretien.
NYELENI Magazine : Qui est Cynthia Olive BIWOLE ?
Cynthia Olive BIWOLE: Je suis titulaire d’un diplôme d’ingénieur des travaux informatiques de l’IAI, fonctionnaire au Cameroun, mais j’ai dû faire un choix de l’abandonner pour suivre la famille à l’étranger. Et c’est de ses voyages que, l’aventure artistique a débuté réellement.
NYELENI Magazine : On aimerait bien connaître cette aventure artistique ?
Cynthia Olive BIWOLE: Je ne suis pas nouvelle dans l’artisanat, car ma mère était à ses heures de repos une grande artiste qui utilisait les matières végétales, pour faire des pots de fleurs, des tableaux et parfois des sacs. Moi, je ne trouvais pas un brin de modernité dans tout ça. C’était juste des objets beaucoup plus traditionnels, l’artisanat local quoi. Mais, lorsque je suis arrivée à Madagascar, j’ai vu la même fibre qu’on retrouve dans mon pays le Cameroun, j’ai vu comment les artisans pouvaient fabriquer des articles de luxe, des articles qui sont principalement vendus en Occident, là j’ai compris ce que je voulais. J’ai pensé à ce qui se faisait chez moi et tout de suite j’ai commencé à réfléchir à comment leur présenter une nouvelle offre, cette façon d’utiliser nos matériaux. Mon inspiration vient surtout de mes origines de l’Est du Cameroun (la partie forestière) de l’artisanat Malgache et de tout ce qui m’entoure.
NYELENI Magazine : A travers ce mélange de Raphia, écorce d’arbre et Cuir, vous voulez montrez quoi ?
Cynthia Olive BIWOLE : A travers le mélange raphia, cuir et écorce (Obom ou akpwa’a), je voudrais montrer à tous ce que la nature peut nous donner de beau, si nous avons des idées de comment les travailler et comment les transformer. Je voudrais que chaque individu se sente particulier en arborant l’une de ces pièces. Je propose mes modèles et j’accepte également les modèles des clients. Et quand je propose un modèle, le client peut décider d’avoir le même en modifiant ce qu’il veut, par exemple la couleur ou changer un peu certaines parties.
NYELENI Magazine : Vous confectionnez aussi des habits avec du Raphia, ça se passe comment ?
Cynthia Olive BIWOLE : Oui, j’ai également commencé à confectionner des vêtements avec du raphia. Cela fait déjà partie de ma culture. Si vous regardez les tenues des chefs de la partie Centre, Sud et Est du Cameroun, vous verrez que les vêtements traditionnels sont faits d’écorce d’arbres, du tissu léopard ou panthère car c’est difficile d’avoir la peau de la panthère et du raphia.
NYELENI Magazine : Le séjour à Madagascar vous a apporté quoi sur le plan artistique ?
Cynthia Olive BIWOLE : L’avantage avec Madagascar était la diversité des pièces et des couleurs. Dans ma vision de modernité, j’ai pensé au mélange tissu et raphia en fonction des couleurs. Je n’étais plus obligée d’avoir une seule couleur de raphia, j’avais toutes les couleurs à ma portée pour faire des mariages. Le séjour à Madagascar m’a apporté une très grande ouverture d’esprit, une autre façon de transformer ce qui se présente à moi. Maintenant, quand je suis assise, je peux imaginer des articles ou transformer ce qui existe déjà pour avoir de nouvelles créations dans les domaines comme la couture, la maroquinerie etc.
NYELENI Magazine : Quelles sont vos perspectives ?
Cynthia Olive BIWOLE : Continuer à mûrir ma vision, me frayer un chemin dans la mode et surtout continuer à promouvoir et valoriser ce que nous avons. Car je ne compte pas m’arrêter seulement au niveau du raphia, je voudrais que mes voyages à travers l’Afrique, me permettent de mieux connaître la culture africaine, son artisanat et comment les valoriser à travers l’Afrique d’abord et ensuite pourquoi pas le reste du monde. En fait, j’ai une vision un peu plus claire de ce que je veux dans l’avenir. J’ai remarqué aussi, que nous ne connaissons pas vraiment la culture africaine, ce qu’elle représente et surtout comment l’exporter vers d’autres pays africains. J’aimerais travailler avec des artisans Maliens, Burkinabés, Ivoiriens etc. Faire leur promotion au Cameroun et partout ailleurs en Afrique.
NYELENI Magazine : Comment voyez-vous le rôle de la femme dans la préservation de nos cultures ?
Cynthia Olive BIWOLE : Le rôle de la femme est immense tant dans la préservation de nos cultures que dans l’éducation du peuple. Et moi en tant qu’épouse d’un Chef de village, je me sens investie d’une grande mission, accompagner mon époux dans l’exercice de ses fonctions et surtout jouer mon rôle en tant que Reine-mère, auprès de la famille nucléaire, et la famille communautaire. A cet effet, je suis une actrice de premier rang dans la préservation de nos cultures, sa valorisation partout où je me trouve. Ainsi, à travers mes voyages vers d’autres cieux, ramener ce qui pourrait contribuer à faire évoluer nos cultures positivement en embrassant d’autres cultures.
NYELENI Magazine : Parlez-nous de votre famille et de vos loisirs ?
Cynthia Olive BIWOLE : Je suis épouse et maman de 6 enfants (4 grandes filles et 2 petits garçons). J’ai pris la résolution de laisser mon travail en tant que fonctionnaire pour m’occuper de la famille. La décision n’a pas été facile mais je pense que j’ai fait le meilleur choix. Je n’ai pas beaucoup de loisirs car je passe beaucoup de temps devant l’ordinateur ou le téléphone pour soit des formations, soit mes créations. Mais en dehors de ça, j’aime faire du shopping.
NYELENI Magazine : Un dernier mot.
Cynthia Olive BIWOLE : Merci encore à vous, NYELENI Magazine pour cet échange sur mes activités et ma vie. Je serai toujours heureuse de passer dans votre Magazine. Merci de m’avoir donné l’occasion de présenter mes activités avec votre public.
Entretien réalisé par Mabing DEZOUMBE









