En prélude à la Journée Panafricaine des Femmes, célébrée le 31 juillet, le Réseau des Femmes et Filles Handicapées Leaders Bridge d’Afrique Francophone (ReFeHBLAF) a lancé un vibrant appel en faveur d’une meilleure reconnaissance du rôle des femmes et des filles handicapées dans la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), particulièrement dans les contextes d’urgence humanitaire et de crise sécuritaire.
Placée sous le thème « Promouvoir le leadership des femmes et des filles handicapées comme levier de prévention et de lutte contre les violences basées sur le genre en situation d’urgence humanitaire et sécuritaire », cette prise de parole intervient dans un contexte où de nombreux pays d’Afrique francophone sont confrontés à des conflits armés, aux déplacements forcés de populations, aux catastrophes climatiques et à une insécurité grandissante. Ces crises aggravent les risques de violences et d’exclusion, en particulier pour les femmes et les filles vivant avec un handicap.
Pour Mme Rokiatou Diakité, Présidente du ReFeHBLAF, les femmes et les filles handicapées continuent de faire face à une double, voire une triple discrimination, liée au genre, au handicap et aux effets des crises.
« Les femmes et les filles handicapées ne doivent plus être perçues uniquement comme des victimes ayant besoin de protection. Elles sont des leaders, des actrices du changement, des médiatrices communautaires et des défenseures des droits humains. Leur participation est indispensable pour prévenir les violences et construire des réponses humanitaires réellement inclusives », affirme Mme Rokiatou Diakité.
Selon le ReFeHBLAF, les données et les témoignages recueillis dans plusieurs pays d’Afrique francophone montrent que les femmes et les filles handicapées rencontrent encore d’importants obstacles pour accéder aux services de protection, aux soins de santé, à la justice, au soutien psychosocial et aux mécanismes de signalement des violences. Les infrastructures inaccessibles, le manque d’informations dans des formats adaptés, les préjugés persistants et l’absence de prise en compte du handicap dans les dispositifs humanitaires accentuent leur vulnérabilité.
Le Réseau rappelle que ces défis ne relèvent pas uniquement de l’assistance humanitaire, mais également du respect des droits humains. Les États africains se sont engagés, à travers la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), le Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées, le Protocole de Maputo et les résolutions internationales sur les femmes, la paix et la sécurité, à garantir une participation pleine et effective des femmes handicapées à toutes les décisions qui les concernent.
Au-delà du constat, le ReFeHBLAF défend une approche fondée sur le leadership. Pour l’organisation, les femmes handicapées disposent d’une expertise issue de leur vécu qui constitue une ressource essentielle pour concevoir des politiques publiques plus inclusives, améliorer les mécanismes de prévention des violences et renforcer la résilience des communautés face aux crises.
« Les réponses humanitaires gagnent en efficacité lorsque les femmes handicapées participent à leur conception, à leur mise en œuvre et à leur évaluation. Leur expérience permet d’identifier les obstacles souvent invisibles pour les autres acteurs et d’apporter des solutions concrètes qui profitent à toute la communauté », souligne Mme Diakité.
À travers cette journée de mobilisation, le ReFeHBLAF invite les gouvernements africains, les organisations de personnes handicapées, les agences des Nations Unies, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations humanitaires à renforcer leurs investissements en faveur du leadership des femmes et des filles handicapées. Le Réseau plaide notamment pour une représentation accrue dans les instances de décision, des services accessibles à toutes, un financement durable des organisations dirigées par des femmes handicapées et une meilleure prise en compte du handicap dans les stratégies de prévention et de réponse aux violences basées sur le genre.
Pour le ReFeHBLAF, promouvoir le leadership des femmes et des filles handicapées ne constitue pas seulement une exigence de justice sociale ; il s’agit également d’un facteur déterminant pour renforcer la cohésion sociale, prévenir les violences et favoriser une paix durable dans les communautés affectées par les crises.
En cette Journée Panafricaine des Femmes, le Réseau réaffirme qu’aucune stratégie de développement, de paix ou d’action humanitaire ne pourra être pleinement efficace tant que les femmes et les filles handicapées resteront sous-représentées dans les espaces où se prennent les décisions qui façonnent leur avenir.
Le message porté par le ReFeHBLAF est sans équivoque : l’Afrique ne pourra bâtir des sociétés inclusives, résilientes et pacifiques qu’en reconnaissant pleinement le leadership des femmes et des filles handicapées, en protégeant leurs droits et en leur donnant les moyens d’agir comme des partenaires à part entière du changement.
La Rédaction






