SESSION DE FORMATION DES FEMMES CONSEILLERES INITIÉE  PAR REFAMP : UNE REAFFIRMATION DU LEADERSHIP FEMININ.

 Le Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires du Mali (REFAMP/Mali) a organisé du 18 au 20 juin 2026, une session de renforcement des capacités des femmes conseillères municipales, sur les textes de la décentralisation et sur le leadership communautaire à l’intention de plus de 400 femmes conseillères et leaders, venues du District de Bamako, Ségou, Sikasso, Mopti et Tombouctou.

La cérémonie tenue au sein de la direction nationale de la Promotion de la Femme, était placée sous la présidence de Mme le ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, représentée par la directrice nationale de la promotion de la femme, Mme Kanté Fatoumata Diancoumba. C’était en présence de la présidente du réseau des femmes africaines ministres et parlementaires du Mali (REFAMP-Mali) Mme Maïga Sina Damba, le représentant du gouverneur du District de Bamako, M. Mamadou Traoré, Mme le maire de la commune III, Mme Djiré Mariam Diallo, la représentante de la Coopération suisse, Mme Tall Fatoumata Sogoré, membre du CNT. Selon les initiateurs, l’objectif général de cette formation est de renforcer les capacités des femmes conseillères afin qu’elles puissent effectivement faire face aux rôles et responsabilités qui leurs sont assignés à travers une appropriation des textes et un leadership communautaire soutenu.

Les objectifs spécifiques sont : de renforcer les compétences techniques et de vie courante qui soutiennent le développement personnel des femmes conseillères ; d’appuyer les femmes conseillères dans l’appropriation des textes qui régissent la décentralisation, la réorganisation territoriale et la gestion des commune au Mali ; d’accompagner les femmes dans l’élaboration d’un plan de développement personnel sur la base de leurs perspectives socio-professionnelles, entre autres.

En prenant la parole, Mme Maïga Sina Damba, a tout d’abord manifesté sa gratitude à la coopération suisse pour son appui constant, surtout financier en faveur de son organisation. Ensuite,  elle a expliqué que l’objectif du REFAMP n’est pas seulement de voir ces femmes participantes accéder aux instances de décision, mais de s’assurer qu’elles disposent de toutes les compétences techniques et de vie courante pour exceller. « Nous voulons que chacune d’entre vous reparte d’ici, avec des outils concrets, une parfaite appropriation des textes de décentralisation et un développement personnel clair pour l’avenir », a-t-elle indiqué.

De même,  elle soulignera l’enjeu de cette formation en ses termes : « être une femme élue est un honneur, mais c’est une lourde responsabilité. Une fois élue, les défis du quotidien, la gestion des communes, la réorganisation territoriale et la décentralisation nous imposent d’être solidement outillées ». Et d’ajouter que l’ambition du REFAMP est de faire de ces femmes conseillères, des forces de propositions incontournables au sein de leurs conseils municipaux.

Par ailleurs, la présidente Sina Damba, ajoutera que la présence de ces femmes à cette session, n’est pas le fruit du hasard. Et de préciser au passage, que celle-ci s’inscrit dans la continuité d’une longue marche du Mali vers l’équité et la justice sociale. C’est ainsi, qu’elle soutiendra les efforts des autorités concrétisés par la ratification de plusieurs lois en faveur des femmes : « Les autorités maliennes, soutenues par la société civile, ont toujours cherché à bâtir un cadre juridique et socio-professionnel favorable à l’épanouissement des femmes. Qu’il s’agisse des engagements internationaux que le Mali a fièrement ratifiés comme : la CEDEF, le Protocole de Maputo ou la loi 052 sur le genre, tous ces textes nous protègent et nous encouragent à aller de l’avant dans l’amélioration de nos conditions de vie », dit-elle. Pour elle, grâce à la loi sur le genre, elles ont pu voir le nombre de femmes élues communales allé de 9 % en 2009, à environ 26% en 2016. Aussi, Mme Maïga affirme que ceci est un progrès tangible, mais, dit-elle, le chemin reste long. Pour elle, le document vision 2063, rappelle que l’avenir de la nation malienne exige une transformation économique et sociale profonde, qui ne pourra se faire, sans la pleine et égale participation de tous les citoyens, sans exception.

L’ancienne ministre Sina Damba s’adresse aux participantes : « Vous devez être capables de porter haut et fort les besoins prioritaires de vos communautés et en particulier ceux des femmes et des couches les plus vulnérables.  Vous êtes le visage de la gouvernance de proximité. En renforçant vos capacités, c’est toute la gestion de nos cités et le bien-être de nos populations que nous améliorons », a indiqué la présidente du réseau.  Avant de laisser entendre : « c’est ensemble, unies et formées que nous construirons cette société démocratique, solidaire et prospère dont nous rêvons toutes pour le Mali ».

Pour sa part, la représentante de Mme la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diancoumba va saluer les responsables du REFAMP, pour cette initiative. Elle reconnait les défis et fonde l’espoir sur cette session de renforcement : « Les femmes conseillères et élues locales au Mali font face à de multiples défis structurels et socioculturels. Elles luttent quotidiennement contre l’analphabétisme, la pauvreté et la sous-représentation dans les instances décisionnelles. À  ces obstacles s’ajoutent les pesanteurs socioculturelles, le manque de ressources financières ainsi que, les difficultés sécuritaires qui touchent plusieurs de nos régions ». Face à ces réalités, insiste-t-elle, « le renforcement nos compétences est l’arme indispensable qui nous permettra de relever ces défis avec brio ».  Enfin, la directrice nationale de la Promotion de la femme, invitera les participantes à faire preuve d’assiduité et à saisir pleinement cette opportunité. « Outillons-nous pour porter haut, fort et avec leadership, les besoins prioritaires de nos communautés et en particulier ceux des femmes et des couches les plus vulnérables », dit-elle.

Rappelons que cette formation a concerné environ 430 femmes, conseillères et déléguées spéciales des communes de Bamako et des régions de Sikasso, Ségou, Tombouctou et Mopti. Ces femmes ont été répertoriées dans la base de données de REFAMP élaborée en collaboration avec le réseau des femmes conseillères du Mali.

Yacouba COULIBALY

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