URGENCE SANITAIRE: LE PLAN DE L’ANGESEM POUR SAUVER NOS VILLES

 

 Face à une crise sanitaire menaçant des millions de citadins, l’ANGESEM abat ses cartes. Réunie le 4 juin 2026 à Sotuba pour sa 19e session ordinaire de Conseil d’administration, l’agence a mis sur la table les orientations de son futur Plan opérationnel triennal 2026-2028. Sous l’impulsion de la Directrice générale, Mme Doussouba Doumbia, et du Secrétaire général du Ministère de l’Assainissement, Moussa Diarra, le cap est clair : faire de l’assainissement liquide une priorité de sécurité publique. L’objectif est de bâtir un réseau résilient, capable de traiter les déchets et de les réintégrer dans une dynamique d’économie circulaire.

Le défi du nerf de la guerre

La mise en œuvre de ce plan de sauvetage urbain se heurte toutefois à de lourdes contraintes financières. Les chiffres de l’exercice 2025 dévoilés lors de la session montrent que sur un budget prévisionnel de 951,5 millions de FCFA, seuls 615,8 millions de FCFA ont pu être mobilisés, soit un taux de réalisation de 64,72 %.

Ce déficit chronique expose les infrastructures existantes à un manque d’entretien critique. Les dirigeants de l’Agence alertent : la survie des villes et la continuité des services d’épuration dépendront d’une diversification immédiate des sources de financement pour stabiliser les budgets de maintenance.

2026 : Le sursaut budgétaire et le déploiement des stations

Pour amorcer cette reconquête urbaine dès 2026, l’ANGESEM s’appuie sur une enveloppe globale en hausse de 1,58 %, fixée précisément à 967 010 000 FCFA. Ce budget va piloter un ensemble de chantiers majeurs, soutenus par un solide réseau de bailleurs internationaux.

À Bamako, l’urgence des boues de vidange est prise à bras-le-corps. Les projets de stations de traitement de Tienfala et de la zone aéroportuaire s’accélèrent dans le cadre du Projet de résilience urbaine de la Banque mondiale. Parallèlement, la réhabilitation de la station historique de Sotuba se poursuit grâce à des fonds néerlandais.

Les capitales régionales et les grands centres urbains bénéficient également de cette impulsion pour freiner la dégradation de leur cadre de vie :

Kayes : Lancement de la construction d’une station de traitement des boues de vidange avec la KfW allemande.

Gao : Démarrage des études techniques indispensables pour doter la ville d’une future station dédiée.

Sikasso : Ouverture officielle de la nouvelle antenne régionale de l’Agence pour décentraliser les interventions, consolidant le maillage après Bougouni.

Une gouvernance de crise avec les municipalités

Pour éviter que ces infrastructures ne deviennent des coquilles vides, l’ANGESEM engage une profonde réforme de sa gouvernance. Une étude institutionnelle, appuyée par la GIZ allemande, va redéfinir le cadre d’action de l’Agence en 2026.

La clé du succès réside désormais dans une alliance thérapeutique avec les collectivités territoriales. En responsabilisant les municipalités et en renforçant les partenariats locaux, l’ANGESEM ambitionne d’offrir une riposte durable à l’insalubrité, de protéger les ressources en eau et d’améliorer durablement le quotidien des citadins maliens.

Aissetou Cissé

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