MALI : L’UNION SACRÉE DES LEADERS RELIGIEUX POUR LA PAIX

Depuis 2012, le Mali traverse une crise multidimensionnelle où les défis sécuritaires s’entremêlent aux fractures sociales. Face à la montée de l’extrémisme, le Haut Conseil Islamique, les Églises et la Confédération des Dozos forment un front commun pour restaurer la paix et le dialogue, facteurs du « vivre-ensemble ».

 

Pour vaincre la persistance et la recrudescence des menaces, une dynamique de changement des comportements, des foi(s) et des traditions s’impose comme un levier de civisme et de retenue. Cette riposte des groupements religieux et traditionnels s’inscrit conformément au thème phare : « Religion et cohésion sociale ».

Ces leaders multiplient les prêches en faveur de la résilience, soutenus par des initiatives concrètes comme le programme Promouvoir une Paix Durable au Mali (PPDM) de l’organisation ORFED.

L’intervention de l’imam Bah marque une rupture. En prônant un islam débarrassé de toute préférence raciale, il a transformé la paix en un impératif de foi. Désormais, la piété d’un fidèle se mesure aussi à son engagement pour la quiétude publique. Ce concept de « citoyenneté spirituelle » agit comme un rempart contre les amalgames ethniques.

Sur le plan opérationnel, Modibo Kampo s’est appuyé sur le Forum national de la société civile pour confronter le débat politique aux réalités de la gouvernance. Pour Daniel Coulibaly, représentant de la Conférence épiscopale, cette pédagogie de la coexistence passe par des rassemblements multiconfessionnels diffusés à la radio, réhabilitant l’identité multiculturelle du pays.

Pour Mme Diakité Djenébou Sangaré, présidente des femmes leaders de Kati, les femmes sont les piliers de cette transmission de valeurs. En tant qu’éducatrices, elles jouent un rôle capital dans la gestion des conflits communautaires.

Sidiki Coulibaly, représentant de la Fédération nationale des chasseurs des communes I et II du District de Bamako, a rappelé l’importance des mécanismes endogènes. En s’appuyant sur le Sinangouya (cousinage à plaisanterie) et les savoirs ancestraux issus de la Charte de Kurukan Fuga, le Mali puise dans son propre héritage pour bâtir une résilience souveraine.

Au-delà de la spiritualité, la cohésion sociale est devenue un rempart stratégique. En réinvestissant son héritage, le Mali ne se contente plus de répondre à la crise : il dessine les contours d’une souveraineté retrouvée par la solidarité.

 

Aissetou CISSÉ

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