À l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM) a marqué le coup ce dimanche 8 mars 2026. Sous l’égide de son Secrétaire Général, Hamadoun Amion Guindo, l’organisation a réuni les forces vives féminines pour une conférence-débat cruciale sur l’autonomisation économique et l’accès au droit.

Une mobilisation d’envergure au siège de la centrale
Le siège de la CSTM a vibré au rythme de l’engagement syndical. La salle réunissant les membres du Comité Exécutif National, le Comité National des Jeunes, ainsi que le bureau de Coordination du Comité des Femmes. Les Fédérations affiliées et la Coopérative de la Filière Mangue, représentée par Madame Camara Tako Sylla, ont également témoigné de l’importance de l’entrepreneuriat rural dans ce combat.

L’autonomisation : un levier pour l’accès à la justice
Pour Dr Diakité Sitan, coordinatrice de l’activité et membre du bureau national, le thème de cette année dépasse la simple célébration. Elle a mis en lumière un lien direct entre précarité et déni de droits: « La vulnérabilité économique, souvent issue des pesanteurs sociales et des mariages précoces, prive de nombreuses Maliennes de l’accès à une justice jugée coûteuse. Qui n’a pas accès à la justice ne voit pas ses droits respectés », a-t-elle martelé.

L’objectif de la CSTM est clair : transformer l’indépendance financière et psychologique des femmes en un moteur de résilience pour un Mali en paix. Il ne s’agit pas de braver les hommes, mais de bâtir une complémentarité où la femme devient actrice des prises de décision.

Le défi immense du secteur informel
Djénébou Koné, Secrétaire administrative du comité des femmes, a rappelé l’urgence d’agir sur le terrain. Alors que 96 % des travailleurs maliens évoluent dans l’informel, ce secteur concentre la grande majorité des femmes du pays.
Bien que ce secteur génère 55 % du PIB, il reste synonyme de précarité. Les débats ont mis en exergue les obstacles persistants :
Barrières financières : Difficulté d’accès au crédit et manque de garanties.
Déficit de formation : Faible niveau d’éducation limitant l’usage du numérique et les compétences en gestion.
Pesanteurs sociales : Charges domestiques et mariages précoces qui freinent l’autonomie.
Un plan d’action pour l’avenir.
Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire Général a réaffirmé que le 8 mars est une journée de bilan. Pour sortir de ce cycle de dépendance, la CSTM s’engage sur plusieurs pistes concrètes : la sensibilisation accrue sur les droits du travail, le renforcement des capacités entrepreneuriales et une transition progressive vers la formalisation pour accéder aux marchés publics.
Selon les organisateurs, cette conférence n’est que le point de départ d’une série d’activités prévues tout au long du mois de mars. En 2026, la CSTM réaffirme que la voix de la travailleuse : « qu’elle soit au bureau, aux champs ou sur les marchés » doit être le moteur du changement durable au Mali.
Aissetou CISSÉ






