TIOUTA TRAORE, ARBITRE INTERNATIONAL DE BOXE: Une femme qui s’illustre sur le ring sans complexe

Journaliste réalisateur de formation, c’est sur le ring que Tiouta Traoré a trouvé sa passion, il y a 20 ans.  Evoluant sans complexe dans un milieu jusque-là réservé exclusivement aux hommes, elle vient de franchir un cap important dans sa carrière de juge des rings qui s’annonce prometteuse. En effet, après une formation au Kenya, elle a fait sa première sortie en qualité de juge international d’African boxing union ou Union africaine de boxe (ABU). C’étai à l’occasion de la première édition du Gala international de boxe professionnelle tenu le 20 octobre 2018 à Dakar (Sénégal). Une initiative de Vivendi Sport du Sénégal en collaboration avec Malamine Koné, PDG du groupe Airness.

Juge international, la malienne Tiouta Traoré a donc été l’une des grandes attractions de ce tournoi international de boxe dans la capitale sénégalaise. Une édition qui a vu la participation de plusieurs boxeurs venus, entre autres, de la France, du Congo, de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, du Cameroun, du Nigéria, du Ghana, de la Tunisie… et du Sénégal. Lors de cette soirée pugilistique, il y a eu six combats professionnels.

Tiouta s’est distinguée parce qu’elle est non seulement l’une des rares femmes évoluant dans ce milieu presqu’exclusivement masculin, mais aussi par la pertinence de ses décisions. Comme le disait un chroniqueur sportif, «elle sait se faire respecter sur un ring».

Cette première sortie de notre consœur et arbitre passionné du noble art a été totalement satisfaisante. «Nous avons parfaitement jugé nos combats et la fête a été salutaire», a-t-elle confié à la presse à la fin du gala.

A noter que la juge Traoré  a participé  au  jugement des deux championnats d’Afrique ABU avec ses trois autres collègues du Maroc et de la France, dont le superviseur  était M. Houcine Houichi, président de l’ABU et vice-président de la WBC.

Tiouta Traoré est native de Baraouéli (région de Ségou). Elle a commencé par l’arbitrage de football. C’est à partir de 1998 qu’elle a commencé à s’intéresser à l’arbitrage de la boxe amateur. Elle a arbitré des combats de boxes au Mali, en Guinée, au Sénégal, en Gambie et en Tunisie.

A l’issue du séminaire des officiels internationaux du ring de la boxe professionnelle tenu au Kenya du 18 au 21 avril 2018, Tiouta a obtenu le titre de juge-arbitre au niveau de l’Union africaine de boxe (ABU) et de World boxing concil (et WBC).

Ce nouveau titre lui confère le droit d’officier des compétitions de haut niveau, les jeux olympiques. La toute nouvelle juge arbitre de boxe veut aujourd’hui mettre au service des jeunes deux décennies de carrière d’arbitrage tout en contribuant à la promotion de la boxe féminine.

La cinquantaine élégamment assumée, Tiouta est aujourd’hui la seule arbitre de boxe au Mali. On se rappelle qu’elle avait été élue membre du Comité exécutif d’African boxing union (ABU) lors des assises de  Kampala (Ouganda) du 6 au 9 septembre 2018. A cette rencontre, elle avait représenté la commission malienne de boxe professionnelle.

Lors de l’élection du bureau exécutif, Mme Tiouta Traoré a été élue également vice-présidente de la commission boxe féminine professionnelle de l’ABU. A cette occasion, quatre pays ont fait leur entrée dans le bureau exécutif. Il s’agit du Mali, de la République Démocratique du Congo, du Malawi et de l’Algérie.

Engagée par passion et non pour les avantages financiers de l’arbitrage international

 Chargée de mission au ministère des droits de l’Homme, Tiouta Traoré vit sa passion sur le ring depuis deux décennies. Sa persévérance a fini par payer car elle est aujourd’hui la seule arbitre internationale de boxe professionnelle au Mali.

«Dans l’arbitrage de boxe, il n’y a pas une question d’évolution de grade amateur au grade professionnel. Il suffit seulement de faire le choix entre les deux niveaux (amateur ou professionnel). Soit, vous officiez pour les combats amateurs qui sont aujourd’hui l’une des disciplines des Jeux olympiques, soit vous officiez pour les combats professionnels. C’est vous dire que l’arbitrage de la boxe n’est pas comme celui de football où on commence avec les petites catégories puis les seniors, des compétitions de moindre envergure aux matches de l’élite», a expliqué Tiouta à son retour de Nairobi.

Et d’ajouter qu’à «la boxe, dès que vous faites le choix entre les deux catégories d’arbitrage, vous pouvez faire votre carrière là-dedans. Mais, pour arbitrer des combats professionnels, il faut passer par un stage de formation de haut niveau organisé par l’Union africaine de boxe (Abu) et le World boxing council (WBC)».

«Je viens récemment d’assister à un de ces stages de formation où j’ai obtenu mon grade d’arbitre international de boxe professionnelle. Il s’agit de renforcer les notions dans l’arbitrage et le jugement de la boxe anglaise, de connaitre le rôle du superviseur… Au cours de cette formation, nous avons compris que l’arbitre joue un rôle important dans les combats professionnels», a-t-elle poursuivi.

Par conséquent, «il doit maitriser parfaitement les règles de la boxe professionnelle qui sont un peu différentes de celles de la boxe amateur. Il faut aussi avoir un très bon niveau intellectuel permettant d’apprécier la loi et l’esprit de la loi», a précisé cette femme battante qui est en train de faire ses preuves dans un milieu généralement misogyne.

Et naturellement que Tiouta est arbitre pour le plaisir, donc par passion, et non pour faire fortune. «On vient dans ce métier par passion et non pour gagner de l’argent. La boxe professionnelle n’est pas aussi développée sur notre continent, surtout en Afrique de l’Ouest, donc on ne peut pas s’attendre à grand-chose. Comme tous les autres métiers, si vous êtes sérieux en faisant bien votre travail, vous pouvez gagner quelque chose dedans», a souligné l’icône de l’arbitrage féminin de la boxe au Mali.

«Auparavant, je ne gagnais pas assez dans l’arbitrage de la boxe amateur. Mais, aujourd’hui je reçois chaque fois des invitations pour officier des combats en Afrique et même souvent hors de l’Afrique», a-t-elle ajouté pour rappeler que le sérieux dans l’effort et la persévérance finissent toujours par payer.

Comme toute passionnée, elle a aussi embrassé cette carrière avec des ambitions. Elle veut continuer à servir la boxe malienne, pas seulement en tant qu’arbitre, mais en accompagnant les responsables de la Fédération malienne de boxe, dont elle est aujourd’hui membre, pour professionnaliser la boxe au Mali.

«J’ai un vaste programme de développement pour la boxe malienne. Je viens d’un séminaire de formation où j’ai eu beaucoup de promesses au niveau africain, concernant la promotion de la boxe féminine dans notre pays. C’est dans ce cadre que je compte travailler avec les membres de la Fédération malienne de boxe pour faire la promotion de la boxe féminine l’une des priorités de notre bureau», a expliqué la communicatrice qui excelle de nos jours sur les rings comme juge.

Elle a aussi à cœur de pouvoir organiser beaucoup de combats professionnels dans notre pays. Une ambition facile à concrétiser si la pionnière bénéficie réellement, au-delà de la fédération, du soutien ferme des autorités sportives (ministère, CNOSM), de la presse et surtout des annonceurs.

Alphaly

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