SHARREN HASKEL, JEUNE DEPUTEE AU KNESSET: Un fascinant dévouement pour le bien-être du peuple d’Israël

Trente quatre ans, députée du Likoud (la droite israélienne) au Knesset (parlement de l’Etat Hébreux), Sharren Haskel a eu (le 4 juin 2018) un échange à bâton rompu avec des journalistes de l’Afrique francophone (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée-Conakry, Mali, R.D. Congo, Sénégal et Togo) qui ont séjourné du 3 au 8 juin 2018 dans le cadre du Programme «Connaître  Israël». Sans détour, elle a parlé de son engagement dans la politique, sa volonté de faire bouger les choses dans son pays au bénéfice du peuple, des droits de la femme… Zoom sur une jeune élue qui devrait inspirer beaucoup la jeunesse malienne généralement manipulée car en panne d’inspiration dans l’arène politique.

Elle est belle, élégante, éloquente… Et difficile de ne pas être fasciné quand elle parle de ses motivations politiques, de son engagement pour sa patrie, surtout pour le peuple Israélien. Sharren Haskel a embrassé la politique du côté de la noblesse du métier et est promise à une brillante carrière. Rien ne la prédestinait à une carrière politique, mais cette beauté qui a grandi dans un environnement de peur, de crainte et de violence (attaques terroristes), de méfiance, etc, s’est trouvée sur la scène politique. «Il m’arrivait souvent de changer de bus parce que j’ai aperçu quelqu’un dont le regard ou l’attitude me paraissait suspect», nous a raconté Sharren. Et elle n’avait pas tort puisqu’un jour le bus qu’elle empruntait d’habitude a été victime d’un attentat. Ce jour, elle avait intuitivement traîné les pieds à la maison. Sa paresse occasionnelle lui a donc sauvé la vie.

A 18 ans, avec le Bac en poche, elle s’engage dans l’armée pour son service militaire obligatoire à cet âge en Israël. Elle est intégrée dans une unité des Gardes frontières dont l’une des missions essentielles est d’empêcher l’infiltration de terroristes sur le territoire de son pays. «Ce fut une expérience déterminante parce que j’étais amenée chaque fois à repousser mes limites physiques et mentales pour être à la hauteur de ma mission, de mon devoir à l’égard de mon pays», a précisé Mme Haskel dans un français presque parfait.

A la fin de son service militaire, la végétarienne émigre en Australie pendant six ans, pour des études vétérinaires afin de mener à bien un combat qui lui tenait à cœur : soigner et protéger les animaux. Elle revient en Israël avec donc l’ambition d’ouvrir une clinique vétérinaire à cette fin. Mais, cet engagement pour les animaux sera relativement mis en veilleuse face aux difficultés sociales de certaines couches de la population liées à la cherté de la vie. Et cela dans l’indifférence des décideurs. Elle prend alors conscience du rôle qu’elle pouvait jouer et crée avec des camarades un groupe de pression très actif pour contraindre le gouvernement à prendre des mesures pour soulager ces couches.

«Nous avons pris conscience que personne n’allait changer notre société à notre place. Il nous revenait donc d’agir», a rappelé l’élue de Droite. La liberté d’expression, la libéralisation de l’espace audiovisuel… seront les premiers paris gagnés par la jeune activiste et ses camarades. Et il s’en est suivi un boom médiatique (chaînes privées de télévisions et radios) élargissant du coup le débat pour critiquer, analyser… les politiques gouvernementales.

Un coup d’essai qui la conduit au Knesset

Ce militantisme ne laissera pas les partis politiques indifférents, notamment le Likoud en quête de rajeunissement à la base. Il n’y a que les jeunes pour mieux appréhender les préoccupations de leurs camarades et attirer leur sympathie avec des politiques idoines. Sharren Haskel se fait donc élire députée dès son coup d’essai. Et elle est aujourd’hui membre influent de la Commission des Affaires étrangères et de la Sécurité.

«Lorsque je décide de devenir volontaire au sein des jeunes du Likoud, je ne savais pas ce qu’était la politique. C’est pour cette raison, en fait, que je me suis engagée : j’estimais indispensable de savoir comment fonctionne notre système politique. Nous devons absolument comprendre ce monde qui dirige notre pays et décide de notre avenir. C’est ainsi que doucement, je suis entrée plus profondément dans la politique», a-t-elle expliqué dans une interview à la presse israélienne.

«Après quelques années de militantisme, je me suis dit qu’il était temps de passer à l’action. J’ai alors posé ma candidature aux primaires du Likoud. Ce système de primaires m’a paru très sain, puisque l’on laisse aux militants du parti, le soin de définir qui seront leurs représentants sur les bancs de la Knesset», avait-elle poursuivi.

Le mérite de cette jeune belle dame, qui pousse l’engagement à la limité de la témérité, c’est d’avoir réussi à déjouer les préjugés politiques et socioculturels dans une société qu’elle juge «conservatrice». Comme elle, elles sont 34 élues à siéger au Knesset qui compte 120 députés.

Le mérite est préférable au quota

«Il est préférable qu’on voit les femmes faire d’abord leur preuve pour leur faire confiance», a répondu Sharren à la question d’une consœur qui lui demandait si elle était favorable au quota pour améliorer la représentation des femmes dans les instances de décision. Et cela d’autant plus qu’elle est convaincue que «le mérite sert plus la Femme que le quota. En votant une loi pour plus de femmes dans les instances de décisions, certaines risquent de se retrouver dans des rôles qui ne sont pas forcément les leurs. Elles y seront juste parce que la loi l’exige. Ce qui va nuire à l’image et desservir notre combat».

En tout cas, elle n’a pas eu besoin de cela pour se faire une place au soleil dans l’arène politique israélienne, pour rivaliser avec les hommes. Et cela en tirant profit des leçons apprises pendant son service militaire. «Dans l’armée, je me suis retrouvée dans des conditions difficiles avec les hommes. Et mes camarades étaient toujours impressionnés par ma résistance physique et mentale, mes capacités d’adaptation aux réalités du terrain ou des menaces», a souligné la jeune leader politique. «Je me sens tout à fait considérée dans mon statut de femme politique, particulièrement dans mon pays. Israël peut se targuer d’être à la pointe dans ce domaine aussi. Nous avons des femmes à des postes considérés encore comme typiquement masculins dans bon nombre de pays occidentaux, que ce soit dans les domaines politique ou militaire».

Il faut rappeler que son entrée au Knesset avait permis à Israël de gagner quatre places au classement mondial de la représentation des femmes dans un gouvernement national, devenant ainsi le 62è Etat. Sharren Haskel est née (le 4 mars 1984) à Toronto, en Ontario (Canada). Ses parents, Amir et Fabienne (née au Maroc) se sont rencontrés à Paris (France) et ils ont déménagé à Toronto. La famille a déménagé en Israël après la naissance de Sharren qui parle couramment hébreu, français et anglais. C’est précisément en 2013 qu’elle a débuté en politique et à rejoint le Likoud aux élections législatives israéliennes de 2015.

Et elle compte profiter de sa position pour apporter des solutions dans le sens du bien-être des couches défavorisées. Et naturellement qu’elle aspire à une longue carrière politique (députée, ministre…) afin de surtout de faire bouger les choses en faveur de l’agriculture et de la protection de l’environnement. «Il faut légiférer pour changer les mauvaises habitudes bureaucratiques, réduire les taxes qui pénalisent les producteurs», a souligné la très convaincante élue.

Pour ce qui est de l’émancipation de la Femme en Israël, Sharren Haskel est convaincue que, «la route est longue. Mais, nous sommes sur la bonne voie et nous avons toujours le devoir de continuer à nous améliorer». Il n’en saurait être autrement avec des jeunes et ambitieuses icônes comme elle qui ne comptent que sur leur compétence et leur courage pour briser les barrières et les préjugés !

Moussa Bolly

De retour d’Israël

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