GALERIE RAMA DESIGN : La nouvelle vitrine de l’artisanat malien et de l’Art contemporain à Bamako

Promouvoir les richesses artistiques et artisanales du Mali ; permettre aux artisans de vivre de leur savoir-faire tout en sauvegardant l’authenticité de leurs produits… Tels sont les buts que Fatoumata Boukounta Armand Sangaré s’est fixé comme artiste, peintre et décoratrice. A l’occasion du vernissage de sa première exposition, le 19 novembre 2018, le Mali s’est découvert une nouvelle vitrine de promotion de son artisanat : La Galerie Rama Design à Quinzambougou. Une éblouissante vitrine de la créativité d’un talent, mais aussi de la diversité culturelle du Mali à travers l’artisanat et l’Art contemporain.

Fatoumata Boukounta Armand Sangaré

Le 24 novembre 2018, au matin, nos pas nous ont guidés vers Quinzambougou, derrière l’hôtel « Le Rabelais », à la découverte d’une merveille qui vient d’apparaitre dans ce paysage. Sans éclipser le sourire cordial de l’assistante, la douce effluve d’un encens envoutant nous conduit à l’escalier qui nous mène au bureau de la maîtresse des lieux à l’étage. Bien moulée dans une robe qui met en évidence sa silhouette raffinée, Fatoumata nous accueille avec chaleur humaine et nous propose aussitôt un café que nous avons savouré avec du froufrou. Ici, le Mali n’a pas perdu ses traditions d’hospitalité. Et le décor, nous renvoie à l’authenticité d’un pays qui a une ressource précieuse et d’essence inépuisable : son art et sa culture !

Artiste, peintre et décoratrice, c’est avec un profond amour et une contagieuse passion que Fatoumata Boukounta Sangaré parle de touteslses cordes de son arc.

Après avoir vécu près d’une décennie à New York et forte d’une expérience de 20 ans dans le domaine de la décoration, conception et réalisation, l’Ivoiro-malienne a décidé de sortir définitivement de l’ombre en ouvrant sa propre vitrine : La Galerie Rama Design !

Un espace présenté au public à l’occasion du vernissage de sa première exposition le 19 novembre 2018. Un événement qui a drainé du monde, des maliens amoureux de leur Art et des expatriés.

«Les visiteurs ont été émerveillés par la variété et la qualité des œuvres présentées. Ils ont apprécié l’approche nouvelle de la création… Leur satisfaction s’est concrétisée par de nombreuses commandes», nous explique celle qui a pris «Boukounta Armand» comme son nom d’artiste.

«Ce que je vois ici, c’est vraiment de l’Art. C’est de la création. C’est à la fois quelque chose de nouveau et d’original», a apprécié un visiteur. Difficile de ne pas être ébloui par la qualité de ses créations.

Depuis 2004, cette artiste peintre a créé son style en revisitant le patchwork pour mettre en valeur les produits locaux maliens, notamment le coton. Elle assemble différentes matières pour créer ses œuvres. Le charme de Fatoumata, est qu’elle innove totalement l’art textile au Mali. «Ici tout est fait à la main. Les cotonnades sur lesquels je mets la teinture artisanale sont 100 % malien… Un mariage subtil du coton de Bandiagara, du bogolan de Ségou. C’est tout une symbiose comme la cohésion nationale qui avait toujours fait la force de notre Nation face aux convoitises», explique la spécialiste en design et de la décoration intérieure.

A travers le vernissage de sa première exposition, le Mali s’est découvert une nouvelle vitrine de promotion de son artisanat : La Galerie Rama Design. Le tremplin de la créativité d’un talent, mais aussi une vitrine de la diversité culturelle du Mali à travers l’artisanat et l’art contemporain.

Une talentueuse héritière qui se distingue par l’originalité de son style

Les œuvres de «Boukounta Sangaré» séduisent non seulement par leur style original, mais aussi par la subtile finesse dans leur finition. Par le choix de ses matières (étoffes tissées, teintures traditionnelles cuivre, bronze, perle…) et de ses techniques.

En fait, Fatoumata Armand Sangaré à de qui tenir son talent et sa passion pour l’artisanat : sa regrettée Maman, Sangaré Ramatou Sidibé (paix à son âme) ! «Elle a été la première à ouvrir une boutique de décoration et de couture au Grand marché de Bamako dans les années 70. C’est ma Maman qui m’a appris les techniques de la teinture, comment tremper une étoffe pour bien fixer la teinture, les techniques de coloriage…», se rappelle avec amour et reconnaissance la jeune dame qui aurait pu faire aussi carrière dans le mannequinat.

Aujourd’hui, elle a sa propre vision axée sur un mélange de tissu traditionnel, de perles et d’objets artisanaux, l’artiste développe un style à la fois modeste et retro valorisant les cultures traditionnelles africaines, l’art ethnique et les fibres naturelles.

«Au fil du temps, nos produits retracent l’histoire de l’Afrique, celle des traditions, des fêtes, des rites et des coutumes. C’est en puisant au fin fond de ces valeurs que j’ai fait naître mon art, cette alchimie de couleurs, de bijoux et de tissus en coton tissé à la main sur fond de peinture ou du cuir artisanal comme linge de lit et de table…», nous confie-t-elle.

«C’est ainsi que je transporte clients et visiteurs dans un monde féerique où le rêve n’a plus de limite, où l’utopie côtoie la réalité, où l’abstrait et le réel s’entrelacent et où l’imaginaire est sans fin», déclame-t-elle comme une poétesse qui s’ignore.

«Mes œuvres sont l’expression de notre folklore, de nos rythmes et de nos danses. A travers cette touche de poésie que j’illustre sur mes toiles et tissus, je souhaite influencer et valoriser la culture africaine, ainsi que le coton du Mali voire l’Afrique de l’Ouest. J’essaye ainsi de marquer de mon empreinte indélébile les cœurs avec l’image d’une autre Afrique, un continent en fête et qui n’est pas en proie au doute quant au talent de ses fils et de ses filles pour rehausser son image»

Avec sa nouvelle collection 2019-2020 intitulée «Matou collection», Boukounta Armand offre à sa clientèle (Hôtels et espaces de loisirs, services publics, entreprises privées, organisations internationales, représentations diplomatiques…) une large gamme de produits : toile d’art, tapisserie murale, tapisserie tête de lit, tapis de sol, boite décorative, linge de lit et linge de table, etc. Une vraie aubaine pour rendre leur espace professionnel ou de vie des «plus somptueux et féerique» tout en favorisant «l’alchimie du rêve et de l’exotisme».

Après Bamako, la jeune artiste, peintre et décoratrice va bientôt se lancer à la conquête de l’espace de l’Uémoa avec des expositions à Abidjan (Côte d’Ivoire) et Dakar (Sénégal) entre février et mars 2019. Et cela avec les mêmes chances de succès qu’à Bamako. Et cela d’autant plus que son nouveau style, le patchwork revisité, laissera peu de personnes indifférentes.

Née en Tanzanie en 1969 et disposant de la double nationalité ivoiro-malienne, Fatoumata s’inscrit aujourd’hui dans le cercle des grands artistes et se positionne comme une nouvelle ambassadrice culturelle pour le Mali, pour cette Afrique dont l’authenticité culturelle et artistique est plus que jamais menacée faute de soutien politique et aussi par manque d’audace des jeunes artistes et artisans.

Moussa Bolly

 

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